Ponyo sur la falaise, beau, beau, et beau.

Publié le par Nostalgic-du-cool

Ponyo sur la falaise (Gake no ue no Ponyo), Hayao Miyazaki, Japon, 2008.




  Ponyo ou le dernier chef d'oeuvre de Miyazaki. Je sais, je sais, je vous entend déjà bande invétérés grincheux tatillons, à chaque nouvelle sortie de film du maître des studiosGhibli , on dit la même chose. En même temps on aimerait bien, nous, le descendre un fois le vieux sage (vous nous connaissez, toujours prêt à tirer dans les pattes d'un vieillard, à achever un homme à terre, blesser par la critique), mais il ne fait que des bons films ! me voila donc forcé de commencer un panégyrique àHayao... A mon grand dam, vous vous en doutez !

Le Studio Ghibli

Ponyo, c'est le nom de cette petite fille, appelée brunehilde par son "père" (Fujimoto, un humain un peu sorcier qui vit sous la mer), qui l'a conçue avec la déesse de la mer, une sorte de sirène luminescente, une Galadriel des mers, Ariel plus belle que belle, avec joyaux des profondeurs et perle au front. Ponyo est un poisson. Une petite fille poisson. Son père ressemble à Némo. heureusement il y a Sosuke, rien de plus normal comme enfant. 5 ans, garçons, espiègle, qui parle le morse, vit seul avec sa mère et regarde passer son père capitaine de navire du haut de sa maison, perchée sur une falaise. Un jourPonyo, qui s'appelle alors encore Brunehilde , s'échappe du sous marin de son père, et part explorer la mer à dos de méduse. Happée par le filet d'un chalutier, elle se retrouve coincée dans un bocal et s'échoue sur la plage au pied de la maison deSosuke, qui justement teste son nouveau bateau miniature... La suite est cousue de fil blanc, Ponyo tombe amoureuse du petit garçon qui promet à la poisson de l'aimer et de la protéger toute sa vie. mais son père ne l'entend pas de cette manière.Fujimoto entend garder sa "création" secrète jusqu'à avoir accumulé assez de liquide magique pour emplir la terre d'eau et la ramener au dévonien. Il la récupère, lui fait la leçon, maisPonyo s'entête, déclare vouloir bras, jambes et dents comme son aimé. Aussitôt dit aussitôt fait pour cette fille de la magie aquatique. La voila qui ressemble à une petite fille de 5 ans. Alors que la magie patiemment capitalisé parFujimoto se répand dans la mer, causant de gros dommages alentour, Ponyo court sur les vagues pour rejoindre son petit garçon préféré. Par la suite ils devront rattraper cette débauche d'énergie et la fille amphibie faire un choix.

Le Studio Ghibli

  Ponyo-ponyo ponyooo ponyo ! Oups pardon, je viens de me remémorer le générique, c'est assez fatal. on retombe vite en enfance. D'ailleurs je vous conseille à vous aussi un petit voyage dans le temps à l'aide de la piste présente en fin d'article. Bref... Voila un dessin animé bien sympathique, touchant, sensible et qui s'adresse à un public très large (d'où le nombre d'entrée très large aussi, même s'il ne battra pas lesCht'is, ce qui est somme toute normal puisque ce dernier est un chef d'oeuvre du cinéma alors que Ponyo n'est qu'un vulgaire dessin animé niakwé).

Le Studio Ghibli

Le graphisme tout d'abord. Pour coller au thème, ou tout simplement par goût et volonté de renouvellement Miyazaki utilise des dessins proches de l'aquarelle, pas très précis donc, un peu l'inverse de ce que fait Pixar . Les planches ressemblent en effet plus à des dessins d'enfants même si on sent le tout très travaillé et qu'en réalité il est plus dur de réaliser ce genre de dessin que d'animer des personnages par ordinateur. La musique, signéeJoe Hisaishi est une petite merveille, bien sur, surtout la reprise du thème de la chevauchée des walkyries (notez que Brunehilde est le nom d'une héroïne du même Wagner...) et le thème final, merveille d'innocence et de bonne humeur.


Pour l'histoire... encore une fois, je vais dire comme d'habitude, Miyazaki capte parfaitement l'atmosphère de l'enfance, dans son sens le plus positif et beau. Il saupoudre cela de questionnements qui touchent aussi les adultes: la pollution, le rejet de tout ce qui peut dégoûter de l'être humain, la nature, les relations à distance, les relations entre les enfants et entre les générations (Lisa, la mère de Sosuke travaille dans une maison de retraite et le garçon est souvent en contact avec les vieilles dames), l'émerveillement devant chaque chose (la j'ai envie de citer Socrate "la sagesse commence dans l'émerveillement"). C'est une belle histoire, bien moins triste que le conte d'Andersen (la petite sirène, qui elle aussi veut devenir humaine par amour: transposé dans le monde des enfants cela prend un ton bien moins tragique, puisque acceptée par Sosuke elle obtient ce qu'elle veut sans perdre la parole), avec un père bien moins terrible que le capitaine Némo, même si au début on craint un fou jaloux possessif et violent, capable de détruire l'espèce humaine pour y réimplanter des poissons... le rêve de cet homme aux pouvoirs étrange est bien de nettoyer la terre pour y réinstaller les animaux qui y vivaient au dévonien (période ou les espèces aquatiques mutent vers l'amphibisme puis vers la vie terrestre. C'est aussi paradoxalement les couches sédimentaires de cette époque qui ont formées de grosses réserves de pétroles...). ce que l'on voit dans la mer après la terrible tempête magique, ce sont des créatures issues de ces époques reculées (400 millions d'années). Fujimoto, savant fou, sorcier




donc, opère la mutation inverse en mêlant son ADN à celui de la déesse de la mer, il fait des humains des poissons...



Outre Verne et Andersen, on peut penser à Herbert et son Effet Lazare qui tente d'imaginer un monde sur l'eau... Je n'oserais pas citer Waterworld ou la BD Aquablue, qui ne sont de toutes façons quelques épingles dans une meule de foin remplie d'exemple de ce genre... Miyazaki ne révolutionne pas le cinéma, ni le dessin animé, ni la philosophie moderne; il se contente de faire un film rêveur, poète, simple, intelligible par tous (ciel, même la plèbe ? oui monsieur, même les cons et les mioches !), pas très revendicatif (il ne parle pas de la LRU ? Sale Jaune ! Oui monsieur, aussi.), mêlant magie et monde réel dans une alchimie musicale et colorée. Le monde il est beau, les enfants courents sur l'eau, tout le monde il est gentil, vous sortez de la avec le sourire et une chanson en tête. revigorant !

Le Studio Ghibli

fiche Imdb de Ponyo sur la falaise .






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Publié dans Films d'animation

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annuaire des boutiques en ligne 28/09/2010 17:36

superbe dessin animé, j'ai adoré l'histoire .

Carcharoth 22/04/2009 14:14

Mais il n'a rien besoin de me faire ! Avoue que je t'ai bien eue DZ,tu voulais faire du charme à Nos et te voila entre mes griffes terribles ! j'ai encore mon âme d'enfant, on peut très bien adorer Miike et vouloir parler de Ponyo sur le blog !
Désolé si je t'ai piquer quelques références, je compte sur le L pour sortir des sentiers battus éhéh. Et puis je n'ai pas critiqué moi, je suis aussi resté très subjectif !

DZ 20/04/2009 12:31

Carch qui fait une critique d'un dessin animé, tu avoueras que personne n'aurait pu s'y attendre. Mais effectivement j'aurais dû m'en douter quand il dit "il ne révolutionne pas la philo, etc" Qu'est-ce que tu lui as fait pour qu'il aille le voir, là est la question.

Nostalgic du cool 20/04/2009 12:17

Ah DZ toi et ton art si subtile de mettre les pieds dans le plat ! La personne qui a mis la musique est la même qui a écrit l'article je veux parler de.... Carcharoth ! Qui me laisse la main après avoir bouffé toutes mes ref d'ailleurs (la petite sirène, constate qu'il fait ref à Andersen pas à Dysney, une certaine idée de la classe dirons nous... la reprise de la valse des Walkyries façon Joe Hisaishi) enfin faudra quand même que m'y colle. D'ailleurs tu aurais du déceler que c'etait Carch on sent la une volonté d'analyse, un certain recul, or moi je promets sur Miyazaki une totale subjectivité bannissant tous reproches !

DZ 19/04/2009 17:20

Mmh non en fait j'ai rien dit, elle est trop marrante pour lui en vouloir, et comme d'hab Nostalgic ta critique est parfaite, tu vas donc me forcer à avaler un élixir de perte de mémoire récente pour pouvoir en faire une potable et pas trop proche (qui a dit que j'avais vu oss 117 ce matin ?)