The Unjust, Ryun Seung-wan, 2010, Corée

Publié le par asiaphilie

 

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On connaissait The Murderer et the Chaser de Na Hong Jin, mais the Unjust est un petit peu passé à la trappe des distributeurs français. Pourtant ce film se situe dans la même veine. Sombre, noir, triste, critique, sans espoir et sans femmes. Bien sur il ne possède pas la même violence ni la même identité esthétique qui rend le polar coréen si reconnaissable ces dernières années, mais le fond est le même.

 

Quelque chose bien sur explique que Yellow Sea (the Murderer) ait fait un tabac relatif dans les salles françaises et que the Unjust n'ait pas été diffusé. C'est ce petit truc, cette petite touche en plus qui fait d'un film correct un bon film. Ici et à mon goût, le réalisateur se montre un petit peu trop démonstratif et caricatural (du moins j'ose l'espérer) dans sa dénonciation du système judiciaro-mafieux.

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L'histoire est celle d'un flic, d'une jeune avocat général et de quelques mafieux. Tout ce petit monde essaie de se faire une place au soleil, de sauver sa carrière ou de faire beaucoup d'argent en peu de temps. Les relations que l'on découvre entre eux tous et la manière dont les fonctionnaires se comportent ne sont pas vraiment rassurantes. L'issue non plus n'a rien de magnifique, et en fait on peut dire que plus le film avance, plus la situation a tendance à se dégrader. Il y a bien sur vaincus et vainqueurs, mais il n'y a pas de gentils, de vertueux. Seulement beaucoup de noirceur.

 

Unjust-025C'est peut être ça qui torture un peu à la fin du long métrage, qui empêche d'être complètement emballé, tout ce noir, ce sang qui se répand sur le sol pour rien, après une longue suite d'échecs évités de peu, suite à une conduite sur le fil du rasoir. Le système judiciaire coréen est démembré de bout en bout par le réalisateur, du flic de base au plus grand juge, en passant par l'accusation, la défense, les grands cabinets d'avocats et même par les (présumés) coupables. On y découvre des luttes d'influences terribles, des oppositions entre personnes, entre fonctions, entre grades et des alliances contre natures. Rien de bien rassurant pour le contribuable coréen si l'on peut dire. Au pays du matin calme, les nuits sont agités, et celles de certains de ces honorables fonctionnaires servent à ourdir de bien sombres plans, de machiavéliques stratagèmes pour être promus plus vite ou encore à utiliser leurs subalternes comme les pièces d'un puzzle... mais qui ne fait pas parti du grand puzzle de la vie ?

 

Sur cette considération hautement philosophique, je vous laisse réfléchir, par contre je peux affirmer que the Unjust ne laisse pas grande part au doute sur l'état du système judiciaire coréen. On ressort du film un peu désabusé, triste même, sans trop d'espoir -achevés en effet par une scène finale cynique au possible- et en se demandant dans quel monde vivent nos amis d'extrême orient. A tel point qu'en fait je ne sais que dire de plus sur ce polar politico-mafieux, si ce n'est qu'il est bien foutu, sombre, triste, bien interprété même s'il ne rentre pas dans la catégorie des grands films de cette année.

 

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Bruno Zunino

Publié dans Corée

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steph 19/01/2013 16:18

Un excellent film asiatique! J'ai adoré l'histoire.

asiaphilie 25/02/2013 18:15



Oui, c'est bien ficelé mais il manque à mon goût un petit quelque chose pour en faire un grand film !