The Blade, ou le renouveau du Wu Xia.

Publié le par Nostalgic-du-cool

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The Blade est un film de Tsui Hark, le film qui l'a fait chef au monde entier, et qui est considéré comme son chef d'oeuvre par beaucoup. Certains y voient simplement un hold up réussi du réalisateur. Quoiqu'il en soit, je vais essayer de vous expliquer quelques aspects du film, en vous donnant envie de le voir si ce n'est déjà fait. J'ai précédemment réalisé le commentaire de la première partie de la trilogie du sabreur manchot (Un seul bras les tua tous). Et je soulignais déjà l'immense portée et l'influence de ce film ("mythe fondateur" avais-je-dis). Et bien je le répète: Tsui Hark ne fait ici que reprendre l'histoire de ce film, la re-filmant dans son style. La base étant bonne, et reconnue comme telle par la plupart des critiques, voyons ce qu'il en est de la forme.

 

blade1  The blade (et non pas blade, quelle horrible ressemblance !) raconte donc l'histoire d'un jeune homme, travaillant comme forgeron, adopté par le patron, amoureux de sa fille qui joue avec lui et un autre de ses camarades comme un chat avec deux souris. Un jour, le chef réunit tous ses ouvriers (qui sont aussi tous ses apprentis et ses élèves) et désigne son protégé comme successeur. Cette nouvelle provoque la jalousie de ses camarades, qui ne comprennent pas la décision du maître, pas plus que ne la comprend l'intéressé. Il n'est pas en effet ni le plus doué ni le plus âgé des forgerons.

Quelques temps après, alors qu'il erre dans les rues de la ville, il assiste impuissant au meurtre d'un moine qui défendait les faibles par une bande de pillards. Il apprend alors de la bouche de son père adoptif que son géniteur a été tué par Lung, un terrible guerrier, et qu'il lui a confié son enfant. La seule relique restante de son père et une épée, coupé en deux lors du combat. Ding On s'en empare et part à la recherche de ce mystérieux Fei Lung. Tête d'acier (son ami, autre prétendant de Syu, la fille du forgeron) et Syu partent à sa recherche, mais cette dernière se fait capturer en chemin par le même groupe de pillards. Ding On se lance donc à sa poursuite, les rattrape mais perd un bras dans le combat... 

blade4  Il est recueilli par un jeune paysan dont la maison a été brûlée par les bandits, mais qui possède un étrange traité de kung-fu, à moitié calciné, mais dont la moitié est encore lisible. Il décrit une technique de sabre à une main: la main gauche ! Reprenant espoir, Ding On entreprend l'apprentissage de la technique... Au bout de nombreux essais infructueux, il comprend enfin la logique de ce style très spécial de combat, et perfectionne alors son art, jusqu'au jour où la bande de pillards revient à l'assaut... Voila pour lui l'occasion de tester son efficacité au combat !

La technique s'avère redoutable... Il est alors temps pour lui de retrouver Fei Lung, qui justement vient d'être engagé pour attaquer la forge de son père adoptif. Ce vicieux et maléfique guerrier parvient grâce à un stratagème à s'introduire dans la forge, et, malgré le courage et la valeur des combattants, fait de nombreuses victimes: il est tout prêt de tuer maître Ling, lorsque surgit le manchot, armé de son épée brisée...

Le Dernier Combat peut commencer: virevoltant dans tous les sens, se servant de tous les éléments à leur portée, les deux hommes font jeu égal pendant un temps, mais l'ancien apprenti forgeron parvient à abattre le guerrier tatoué... 

 Le scénario est donc sensiblement (dans l'esprit) le même que celui que j'ai pu décrire dans le film de Chang Cheh, à ces quelques différences prêt: L'école d'arts martiaux s'est transformée en forge, Pei (la fille de Qi Ru-feng) est remplacée par des bandits et ce n'est pas une jeune femme qui le recueille, mais un paysan. Le rapport aux femmes et aussi transfiguré: Fang Gang avait un véritable problème dans ses relations, qui été toujours gêné par son sabre et sa vengeance. Ding On rencontre aussi des difficultés, mais en s'attachant à une prostitué et à une jeune fille convoité par son ami... Mais laissons là la comparaison. 

 L'intérêt principal de ce film est de complètement renouveler le genre, d'apporter une nouvelle pierre à la pyramide des chefs d'oeuvres de Wu Xia made in HK. En effet, dans les années 70, la figure emblématique de Bruce Lee accapare tous les écrans dans le thème des combats, puis, après sa mort, ce sont les polars ou les film de combat, mais contemporain qui tiennent le haut de l'affiche. Ce n'est qu'en 1995, avec the Blade, que ce genre va refaire son apparition en Chine. Ce film introduit dans le genre une réalisation superbe. Un véritable phénomène, et si on était pas en Chine je dirais une révolution.

 

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Tout le style du film se trouve résumé dans l'affiche: Noir, rouge, rapide et violent, frénétique.

Un nombre important de scènes se déroule la nuit, dans des lumières de feu, avec le crépitement des armes répondant à celui du feu. Si ce n'est le feu (présent), c'est la pluie (passé, scène de la mort du père) qui accompagne les combats. Lors de l'ultime affrontement, il s'agit de poussière... Poussière tu était, à elle tu retournera: Fei Lung est un démon, un esprit tatoué, bouillant, cruel, sadique et joueur. Les scènes de combats sont éblouissantes de virtuosités, autant du coté des acteurs (Chiu Man-cheuk et Xin Xin-Xiong) que de T. Hark: la rapidité des actions, leur entremêlement retranscrivent de façon très réaliste (un peu l'inverse de héro ou du bien meilleur tigres et dragons) les affrontements. Le réalisme, c'est une des caractéristiques principales de ce film, et de Hark en général: Pas de trop, pas de fioriture: le film est brut, pas même poncés, les échardes nous rentrent encore dans les doigts... Le film explore donc les même ménadres que celui de Cheh, mais par d'autres biais, moins polissés (même si la violence symbolique du One armed swordsman n'a rien a envié à celle de Hark !), plus visuels, plus dans son temps en fait !

 

Choc visuel est émotionnel (n'exagérons pas, mais on ne reste pas insensible devant les malheurs et péripéties de Ding), The Blade est un remake réussi, novateur et salutaire pour le cinéma Chinois. Tsui Hark est tout cela, et ce film est l'idéal type de son oeuvre.

 

 

Saluons, pour finir, le jeu des acteurs, choisis avec talent et qui ne decivent pas:

 

Xin Xin Xiong (Fei Lung), Chiu Man-Cheuk (Ding On), Moses Chan (tête de fer), Valerie Chow (prostitué), Sonny Song (Maitre Ling), ... Pour plus de détail sur les acteurs, alleze sur IMDB (j'ai mis les liens allocine ici, mais les bio et filmographies des acteurs sont souvent incomplètes et/ou séparés, car le site les a rentrés dans sa base de données selon plusieurs noms...)

 

 

 

 

 

 

Carcharoth



Publié dans Chine et HK

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ClashDoherty 20/08/2007 11:46

HALLUCINANTHallucinant, tout simplement. Je l'ai vu une fois sur Canal+, j'ai été estomaqué ! Sans doute le film qui m'a fait plus apprécier le ciné asiatique !