Takashi Miike, le fou filmant
Takashi Miike (prononcez "mickey", malgré le ridicule...) est un réalisateur Japonais, né le 24 Août 1960 près d'Osaka
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Il se lance dans le cinéma à 18 ans, et rentre à l'Académy of Broadcastind and Film. Il débute alors comme assistant réalisateur auprés du grand Shohei Immamura (article un de ces jours). Il réalise ensuite de nombreux téléfilms, un genre qu'il apprécie beaucoup et qui est bien plus valorisé au Japon qu'en Europe. Son premier grand succés, qui le révèle à un large public, "Les affranchis de Shinjuku" 1995), est un film de Yakuza. Shinjuku est un quartier mal famé de Tokyo ou Miike à ses entrées, et où il tourne souvent. Il avait réalisé, sur le même thème et un an auparavant : "Shinjuku Outlaw" (1994). On peut citer aussi dans ce même registre, "Rainy Dog" (1997) qui est sorti en France dans un coffret (avec Shinjuku et Ley Lines (1999)).
Le genre étant très en vogue au Jpaon, il réalise de nombreux film de Yakuzas, ou au moins d'actions et souvent assez violent. La trilogie Dead or Alive (1999-2001) le fait mondialement connaitre : Il dirige pour l'occasion deux acteurs qu'il affectionne particulièrment (présents aussi dans "Rainy Dog" par exemple) : Riki Takeuchi et Sho Aikawa. Cette trilogie débridée et sans rapport apparent le rende célèbre hors du Japon: USA et Europe particulièrement. En 1998, soit un an avant de débuter cette trilogie, il avait réalisé le film le plus étrange et à part de son immense filmographie (plus de 70 films en tant que réalisateur): Bird People of China. Un film poignant, poétique, onirique, à l'exact opposé d'un film comme DOA 1, montrant ainsi sa capacité à transperser les genres et réaliser un grand nombre de films de très grande qualité en peu de temps.
Par la suite, il retournera à son genre favori, le film choc, provoquant et sans message explicite avec "Visitor Q" (2001): Son film le plus trash et inexplicable. Violence, sexe, famille détruite, société inadaptée y sont montrés très cruement. Il restera un peu dans la même veine avec l'adapation du manga "Ichi the Killer" avec Tadanobu Asano. Le gore est ici au service de l'humour, du surréaliste et de la satire sociétale, toujours présente chez Miike (n'oublions pas le rôle social très important des Yakuzas au Japon, qu'on réduit trop souvent en Occident en les comparants à nos mafias). Il met aussi en scène dans ce film ultra-violent son ami, le réalisateur Shinya Tsukamaoto.
En 2003, un, autre film plus qu'étrange, ou les codes habituels sont brouillés et bafoués et ou aucun tabou n'et respecté: Gozu. Il faut le voir pour en tirer sa propre analyse, mais ce film à lui seul justifie le surnom de Miike: "le fou filmant".
Viennent enfin quelques dilms d'horreurs que l'on a pu voir en France, mais qui ne sont pas pour moi très intéressant pour découvrir et apprécier Miike: 3 extrèmes, la Mort en Ligne, Master of Horrors (vol. 13 je crois).
Voila, après cette filmographie non-exhaustive mais qui j'éspère saura en tenter plus d'un, au moins par curiosité, analysons un peu le personnage:
*Quelques unes de ces citations...
-"Je ne comprend pas les gens qui sortent au milieu d'un film"
-"Je suis content que mes films soient découverts par hasard dans des festivals étrangers, cela me permet aussi de mieux réaliser qu'il y a un monde autour du Japon. "
-"Je ne pense pas à l'audience, je ne opense pas à ce qui peux les rendre heureux. Car il n'y a pas de moyen pour moi de le savoir. Essayer de penser à ce qui fait un bon divertissment est quelque chose de très Japonais. Les personnes qui pensent comme cela sont d'un temps révolu. Ils pensent le public comme une masse, mais en réalité chaque spectateur est unique, ainsi que son interprétation. Donc le divertissement individuel n'existe pas"
Et pourtant, on pourrait penser que Mikke, avec ses films aux fins toujours très spéciales laisse un gout particulier sur la langue de chaque spectateur.
-"Je suis devenu réalisateur parceque je n'avais pas le choix, je voulais être motard professionnel, car j'aime beaucoup la moto. Je pense que tout le monde peut devenir réalisateur, surtout si on a de l'argent. Même Haruki Kadokawa est devenu réalisateur. (il était auparavant président de la Kadokawa Shoten). Pour devenir un grand musicien il est aussi possible de devenir un réalisateur, et comme Kitano acquérir une grande popularité en temps qu'acteur, puis devnir réalisateur, et cela vous donne une grande liberté..."
Si tous pouvaient avoir son talent, ou celui de Kitano...
Miike n'est pas, comme beaucoup de réalisateurs actuels ou passés, un japonais nationaliste: il se considère comme un asiaphile, et comprend l'asie comme un même ensemble de peuple: Aussi ces films touchent un peu à tous les pays du Sud-Est Asiatique: Japon, Chine, Singapour, Taïwan....
Il pense aussi son travail, on l'a vu, comme un moyen de survivre, une sorte de destinée (au sens large bien sur): "il n'a pas le choix". Il ne se pense pas non plus "intellectuel" et ne se considère pas comme devant donner son avis sur les choix politiques de son époque. Ils sous tendent tout de même bon nombre de ses oeuvres, et il ne se prive pas de critiquer.
Pour en finir, son surnom lui va bien comme un gant, une sorte de fou sensible, drole, cruel et sans limite, qui contemple nos société de l'extérieur, sans doute porté par les ailes de son personnage dans "Bird People...".
A noter: Miike a aussi joué dans quelques films, surtout en tant que guest (Hostel), Last life in the universe, Ichi....
Souhaitons lui bon vent...
Les films de Miike sur Asiaphilie:
Dead or Alive I, II et III (cliquez sur les chiffres romains)
Carcharoth