Dead or Alive 1, Polar déjanté de Takashi Miike

Publié le par Nostalgic-du-cool

Pretty Pictures

 

 

Dead or alive (Hanzaisya) est le premier film de Miike que j'ai vu. Peut être même un des premiers films asiatique. Enfin ne réécrivons pas la genèse de ma culture cinématographique, mais je voulais juste souligner l'importance pour moi de cette oeuvre, ce qui permet de mieux comprendre la place qu'occupe son réalisateur dans mon pankinéon (ben oui, "théon" veut dire dieux, "Kiné" est le radical sur lequel est formé cinéma (bouger, mouvement en grec).

 

Ce film ouvre donc la trilogie désormais culte des DOA. Ces trois films n'ont aucun lien entre eux si ce n'est le binôme d'acteur Sho Aikawa / Riki Takeuchi que l'on retrouve dans tous les épisodes.

Dans celui ci, Aikawa interprète Jojima, un flic qui combat depuis toujours la mafia japonaise (les Yakuzas) et Takeuchi est un petit caïd chinois qui voit loin. Tout deux combattent donc les yakuzas, l'un de l'extérieur pour la détruire, l'autre de l'intérieur pour en prendre la tête.

 

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Mais tout ce complique, car la fille de Jojima est atteinte d'une terrible maladie, et il a donc besoin de fonds important, de l'autre coté, Le frère de Ryuichi (le premier Ryu ?) revient des USA oui il a étudié, ignorant tout à fait que c'était grâce aux activités de son frère...

 L'introduction au film, qui a elle seule le rend "culte", est une suite nerveuse, ultra rapide, d'images et de scènes sans rapport apparents, violentes, érotiques, sanglantes, le tout sur des riff saturés, qui posent pourtant les bases du film. Elle s'oppose avec le reste du film, qui jusqu'à la toute fin, sera plus lent et posé. Après coup ce début semble donc encore plus violent et fou. On accroche ou on déteste (on ne comprend pas ?), en tous cas Miike innove, explose les cadres, et plonge son film dans une ambiance proche de la folie dès le début: Une descente ultra violente dans un restaurant, un homme qui inhale un rail de coke de 10 mètres de long, puis qui se fait tuer à coup de fusil à pompe, un homosexuels en pleine activité qui se fait égorger devant son compagnon, etc... Le film est posé, chaque personnage est introduit. Puis le rythme diminue, et diminue encore, quitte à paraître presque lent. La vie des deux protagonistes est ensuite filmée calmement, dans leur relations avec leur famille: Jojima qui 'oublie dans son travail, qui ne voit presque plus sa fille et qui dort sur le canapé, Ryuichi qui s'oppose à son frère, qui attaque les Yakuzas tout en devant contrôler ses propres hommes...

 

 

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Déconstruction des liens sociaux, familiaux de chaque coté, opposition entre le flic japonais et le yakuza d'origine chinoise. Mais lorsqu'il ne peut plus faire autrement, Jojima s'alliera avec la mafia pour payer à sa fille son opération. Mais Ryuichi, à qui il vient de porter un coup (son adjoint a tuer le frère du yakiza...) se venge... Et tue la fille et la femme du premier.

Le film redémarre alors (enfin), reprenant un rythme bien plus rapide, jusqu'au combat final, qui contraste avec le conformisme des gunfight...

 

 Film délirant, très bonne entrée dans l'univers de Miike, DOA I mélange habilement le polar, le film "social" (comme toujours chez ce réalisateur) et une dose importante de n'importe quoi, de déjanté... Aikawa et Takeuchi sont très en forme, comme toujours, et incarnent à merveille leur personnage. Ces deux acteurs suivent Miike depuis quelque temps déjà et sont donc les plus aptes à saisir ce qu'il veut (ou plutôt ce qu'il ne veut pas, puisque il ne donne presque aucune indication aux acteurs lors des tournages, les laissant interpréter eux même le scénario) et comment il faut jouer.

 

Les décors, urbain dans toute la première partie du film, sur la littoral lors de quelques scènes "tristes" ou émouvante (ou celle ou les personnage sont à la limite, au bord de leur personnalité: scènes déjantés avec le groupe de Ryuichi, ou de rupture avec le frère, attaque du bateau du Yakuza par les policiers, lieu de la torture d'une femme...) puis enfin dans la campagne: dans un champs, lieu sauvage, bien moins "civilisé" que la ville, et ou toutes les pulsions et les "pouvoirs" des deux hommes peuvent s'exprimer...

 

Voila... Pour conclure, ce film comporte deux scènes monumentales (de véritables chefs d'oauvres du 7ème art) : la première, et la dernière. Un final à couper le souffle, qui laisse plus que pantois ou perplexe et une folle intro, que rien n'égale pour le moment...Un tour de force, ou il réussit à concentrer un nombre d'éléments très important pour la compréhension du film, tout en maintenant l'impression d'un grand chaos artistique...     

 

 

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Et bien voila, je crois que c'est fait: La fiche de ce film est faite, il ne me reste plus qu'a revoir et re-revoir le film, afin d'affiner mon analyse...Pour les passionés, repassez donc dans quelques temps...

 

 

Voir aussi: DOA II et T. Miike

 

 

 

 

Carcharoth



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Carcharoth 23/12/2011 19:43

Ouep, Miike est un réalisateur qui gagne à être connu ! Tu vas voir le trois est un peu dans la même veine, mais l'épisode central n'a rien à voir, bien plus calme et nostalgique... Quand à
Audition, j'espère pour toi que tu as le coeur bien accroché et que ton lit ne ressemble pas à celui de Procuste !

Chris 15/12/2011 23:22

Salut, j'ai suivi ton conseil et je viens de le voir ce soir. Mais c'est quoi ce film ?? Je m'en veux terriblement d'en avoir ignoré l'existence jusqu'à aujourd'hui... Bon, il faut je réfléchisse
un peu pour savoir si j'ai vraiment aimé ou pas, et en faire la critique sur Christoblog. Comme j'ai acheté la trilogie d'occase, et Audition aussi, j'ai quelques soirées excitantes en
perspective...