Zatoichi meets Yojimbo (Zatoichi to Yojimbo), Kihachi Okamoto, 1970

Publié le par Carcharoth

Zatoichi meets Yojimbo (Zatoichi to Yojimbo), Kihachi Okamoto, 1970

 

 

 

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Vingtième opus de la saga Zatoichi qui en compte vingt-sept, cet épisode voit se rencontrer deux monstres sacrés du chambara, à savoir Shintaro Katsu, interprète et producteur (parfois réalisateur) du masseur aveugle et Toshiro Mifune, acteur que l'on retrouve dans un bon nombres de films de Kurosawa et d'autres grands maîtres du septième art nippon. Yojimbo est d'ailleurs un film de l'empereur Akira, dont le protagoniste est joué par... Mifune !

 

Comme souvent dans ces films à caractère très mercantile et lucratif, le but est d'attiré le spectateur grâce aux têtes d'affiches. Et là c'est très réussis puisque les deux larrons s'en donnent à cœur joie dans le film, cabotinent un maximum et rivalisent de charisme, de grognement et de postures burlesques.

Le titre anglais résume bien d'ailleurs le film, c'est une rencontre, pas forcément un affrontement ou un duel à mort. Il faut bien avouer qu'on l'espère un peu tout au long du film, car pourquoi mettre en scènes deux pointures pareilles si ce n'est pour qu'ils croisent le fer. Et la Okamoto nous surprend assez car le duel est assez court, se termine en queue de poisson et n'apporte presque rien au film. On dirait que le réalisateur était forcé de le faire et l'a intercalé là au hasard.

Bref ce n'est pas dans cet échange bref de coups de katana qu'il faut chercher l’intérêt du film. Ni tellement dans l'intrigue en elle même qui est un peu poussive et dont de toutes façons on connait vite l'issu, même si bien sur le dénouement se situe à la fin des 1h50 du film. Les thèmes sous tendus par contre sont plus intéressant, plus prore à Okamoto aussi peut être. On sait que celui ci a réalisé quelques chefs d'oeuvres comme Sword of Doom, Kiru ou Samouraï. Ces films sont très critique vis à vis de la société féodale mais aussi à travers elle de celle du Japon contemporain qu'il voyait tous les jours. Il était aussi connu pour son antimilitarisme féroce (même si cela peut sembler paradoxal pour un réalisateur connu surtout pour ses chambara et ses yakuza-eigas), bref ce n'était pas qu'un simple réalisateur de chambara-blockbuster à la botte des studios. Ici bien sur le contexte est différent et comme il s'agit d'une saga aux réalisateurs multiples (Misumi, Katsu, …) on ne peut pas vraiment parler d'un film d'auteur où Okamoto pourrait déployer ses thèmes à souhait, et s'il s'est engagé volontairement pour réaliser cet épisode il n'en demeure pas moins qu'il doit s'astreindre à un scénario dont il n'est pas maître.

 

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Cependant la corruption d'une certaine élite marchande et d'une noblesse de robe ne sont pas des thèmes étrangers à son œuvre, pas plus que la dure condition du samouraï sous le shogunat Tokugawa qui a réduit à l'état de ronin miséreux bon nombre de fiers guerriers, et se servait d'un réseau d'espion impressionnant pour tenir à sa botte les clans du pays. Et c'est bien de cela que traite ce Zatoichi, où notre aveugle de héros retourne dans son village pour s'y ressourcer, las de voir ses mains pleines de sang. Malheureusement ce qu'il espère être un havre de paix s'est transformé en un repaire de fripouilles en tout genre qui se combattent à grand coup de ryo et par samourai désargenté interposés.

 

Néanmoins comme je l'ai déjà souligné le scénario est un peu poussif et peine à emballer le spectateur, si ce n'est grâce aux performances des deux acteurs principaux et lors du final qui offre un beau combat et une chute assez comique. On se contentera donc des prestations de Mifune et Katsu, mais c'est loin d'être le meilleur Zatoichi ou le meilleur des films où l'on peut voir se cotoyer les deux acteurs (qui possédant tout deux leur propre maison de production ont quelque fois cédé à leur caprices!)

 

 

Pour un aperçut plus détaillé des films traitant de Zatoichi voir ici 

Le Zatoichi de Kitano sur le blog

 

 

 

 

Carcharoth

Publié dans Japon

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