Toeï Animation, à l'origine de la japanimation, la nostalgie par Nostalgic

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                    Hier en évoquant les Studios Ghibli que je considère desormais comme les maitres incontestés du cinéma d'animation je n'ai pu m'empecher d'avoir une pensée pour la Toei Animation autre géant de l'animation nippone. Un Studio tout à fait mythique mais plus discret, toutefois si le nom ne vous dit rien je suis sûr que vous connaissez au moins l'une de leurs productions. Je me suis donc dit qu'il serait interessant dans le cadre de ce moi du Cinéma japonais d'évoquer cet immense pan de la culture nippone. Puis finalement c'est un peu grâce à ce studio que je suis devenu asiaphile, il m'a fait découvrir le dessin animé japonais. Certes dans le monde du cinéma son apport n'est pas immense mais dans le monde de l'animation japonaise son influence est très forte et je pense que cette enseigne a sa place dans le cycle sur le Japon. Par exemple Hayao Miyazaki et Isao Takahata les pères du Studio Ghibli sont tous deux passés par la, c'est chez eux qu'ils ont livré leurs premiers travaux. Ou encore c'est chez eux qu'ont travaillé deux immenses noms de l'animation qui ont énormément influencé les dessinateurs du pays à savoir le légendaire Akira Toriyama le père de Dragon Ball, ou Leiji Matsumoto qui signe des dessins animés cultes comme Albator, Galaxy Express 999 ou encore recement plusieurs clips du groupe Daft Punk (Harder Better Faster Stronger, One More Time, cliquez sur les titres pour voir les clips ou l'on reconnait bien la griffe du maitre).



                        Fondé après la guerre en 1948, sous le nom de Nihon Doga, les débuts du studio sont difficiles, l'animation japonaise reste très discrète et ce sont les américains de Walt Disney qui dominent très largement le marché mondial et japonais. En 1956 la société prend le nom de Toei. Son premier long métrage en 1958 est le Serpent Blanc qui sera le premier film d'animation japonais en couleur ! c'est un véritable succès qui s'exportera jusqu'aux Etats Unis et le film comptera parmi ses fans le tout jeune Hayao Miyazaki ! Ce sont les débuts de l'animation nippone et le travail effectué sur ce film va être considérable, c'est le premier dessin animé japonais produit avec des moyens industriels. Ensuite ils vont commencer à produire des dessins animés pour la télévision japonaise où ils sont en concurrence avec la boite d'un certain Osamu Tezuka le père d'Astroboy, qui sera pour la petite histoire le 1er manga (bd japonaise) traduit en France dés 1952 et ce sera le premier anime (dessin animé japonais) diffusé sur nos chaines en 1963 (ce sera toutefois "adapté" pour le public français). Mais au début des années 70 ce concurrent fait faillite, l'âge d'or de la Toei Animation va pouvoir commencer.


Photo issu du premier dessin animé japonais : le Serpent Blanc

                      Parallèlement la société d'animation continuant de produire des films dont certains ont eu une belle notoriété hors les frontières comme les Voyages de Gulliver dans l'Espace en 1965 sur lequel travaille un jeune dessinateur à temps partiel nommé Hayao je vous laisse deviner la suite, le film est un demi succès et les films suivants ne s'exporteront plus. Pourtant en 1968 vient Horus Prince du Soleil (sorti en France en 2004 !) réalisé par un certain Isao Takahata au talent prometteur. Enfin l'année suivante en 1969 le Studio Toei signe Le Chat Botté où collabore encore Hayao Miyazaki, le film est un succès au Japon à tel point que le chat Pero, héros du film va devenir la mascotte du Studio (voir les logos ci dessus). C'est à cette époque que les deux futurs papas de Ghibli se fâchent avec le studio qu'ils quittent à la fin des années 60. Par la suite Toei continuera de produire des films mais ils n'atteindront plus la qualité des premiers et la plupart ne seront que des adaptations ciné de séries à succès.


Photo tiré de Horus Prince du Soleil

                         En effet là où le Studio Toei Animation s'est forgé sa réputation de maison culte c'est dans le dessin animé à partir des années 70 et la ça rigole plus c'est du lourd, du très lourd. A noter qu'en parallèle la société developpera d'autres secteurs, comme la production de films avec la Toei Production mais cet aspect est moins connu et devant le peu d'infos que j'ai pu réunir je ne l'évoquerai pas plus. Mais c'est une maison très respectée au Japon aux choix audacieux, elle a ainsi produit entre autres les films du très grand Fukasaku lui assurant son soutien même avec son controversé Battle Royale. Bref son influence dans le monde du cinéma classique n'est donc absolument pas négligeable mais je n'ai que peu d'informations donc je vais rester sur le Studio Toei Animation. Dans le monde du Dessin animé c'est obligé de connaitre Toei je pense que quasiment personne âgé de 10 à 35 ans n'a pu passer au travers des mailles du filet. Rapidement Toei se fait donc un nom à la télévision japonaise et très vite ses productions vont s'exporter vers les petits ecrans du monde entier où elles vont être suivies par bon nombre d'enfants ! Je vous parais peut être enthousiaste et vous pouvez penser que j'exagère mais quand vous allez voir la liste vous constaterez que je ne mens pas. Je pense que le nom de Go Nagai ne vous dit rien mais je pense que tout le monde connait son bébé Goldorak, qui n'a jamais vu cette imposant robot? qui n'a jamais entendu Fulguropoing ?! Mais ce n'est pas fini car le début des années 70 va voir aussi la naissance de Candy, Albator, (souvenez vous de ceci) Capitaine Flam, et l'hymne culte et kitsch de Bernard Minet (à écouter ici sur ce site géant qu'est coucoucircus). Dés 1973 les séries commencent à s'exporter et vers la fin des années 70 elles envahissent nos écrans français.


Le Capitaine Albator et Goldorak, mais est il encore besoin de les présenter?

                         Donc la Toei connait un succès fulgurant dans les années 70 avec des dessins animés qui ont je crois qu'on peut le dire le statut de séries cultes, avec des personnages charismatiques et des génériques niais à souhait mais inoubliables. Pour preuve je vais me prendre moi même pour exemple, bien que né en 87, donc bien après l'invasion télévisuelle des premières séries Toei, je les connais toutes tant elles ont été diffusées dans les années 90 (en partie sur TMC) et tant leurs qualités m'ont marqué (ben oui j'ai 21 ans mais je vais faire mon vieux con les dessins animés avant c'etait mieux mais j'en reparlerai). Devant ce succès la Toei Animation garde dans les années 80 sa politique axée sur la diffusion massive des séries (la partie production de films d'animation devient de plus en plus anecdotique). Elle reste en haut de la vague car les années 80 après les Go Nagai et Leiji Matsumoto c'est l'arrivée au Studio de Monsieur Akira Toriyama qui va être massivement adapté (car lui écrit des mangas ce n'est pas un réalisateur à proprement parler) d'abord avec le génial et très drôle Professeur Slump (écouter la musique ici) puis le fameux, que dis je, le mythique dessin animé Dragon Ball (souvenez vous la voix nasillarde d'Ariane ici). Mais les années 80 chez Toei c'est aussi Lucille Amour et Rock'n'roll (insulte au rock mais série sympa au générique si profond...) ou encore Wingman (souvenez vous le Bernard Minet Powa) c'est aussi l'époque des Chevaliers du Zodiaque qu'il n'est pas besoin de présenter ( je me rends compte que cet article revèle chez moi certains comportements geek car en écrivant cela je ne peux m'empecher de prononcer "par les météores de Pégase" le syndrôme Toei est persistant). la liste est encore longue donc je n'en citerai plus qu'un le bourrin, le jouissif, l'exagéré Ken le Survivant, ( rappellez vous ici) l'homme aux sept cicatrices, l'inventeur d'une phrase que Chuck Norris aurait rêvé de trouver : "tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort". Une série si violente que les traducteurs se mettront en grève choqués par cette histoire et n'accepteront de traduire qu'à condition de pouvoir dire n'importe quoi, c'est pourquoi les dialogues sont aussi ridicules et étranges. Par exemple le titre Hokuto No Ken dont j'ignore le sens exact est traduit dans la série par Ken maitre du hokuto (haut couteau?) de cuisine (quand même les années 80 c'etait du grand n'importe quoi !)


A gauche Ken et à droite Seiya l'un des héros des Chevaliers du Zodiaque.

                       Bien sûr j'ai suivi toutes les séries citées sorties dans les années 80, donc avant ma naissance, puisqu'elles ont été largement rediffusées dans les années 90 par cette institution télévisuelle française dont tout le monde se rappelle et qui s'appelait Le Club Dorothée. En effet c'est dans cette émission que la plupart des séries de la Toei sont passées et ce sont les animateurs de ce club (Dorothée, Ariane, Bernard Minet) qui ont signé bon nombre des chansons des génériques français. Sans la Toei les membres du Club Dorothée se seraient surement retrouvés au chomage, d'ailleurs ce n'est pas tant une blague car quand la Toei a commencé à décliner, le Club a lui aussi fermé nous faisant entrer dans une étrange phase du dessin animé. Mais revenons à ma jeunesse, dans les années 90 ou Toei Animation qui domine le dessin animé mondial depuis 20 ans conserve son hégémonie avec des séries comme Sailor Moon (ahh Bernard quelle voix, souvenez vous) qui cartonne à l'époque auprès des petites filles. Mais c'est surtout Dragon Ball Z, (d'ailleurs je connais encore par coeur, plus de 10 ans après, son hymne à écouter ici) une série qui a elle seule peut résumer ma jeunesse, elle m'a accompagné durant des années, c'est mon dessin animé preferé, qui a engendré des armées de fanatiques qui ont comme moi hurler Kaméhaméha dans la cour de recré, bref je pourrais en parler des heures alors peut être que je lui consacrerai un article plutôt que de trop dénaturer celui ci. C'est je pense le dessin animé des années 90, la dernière grande production du Studio Toei qui marque son apogée mais sonne aussi le glas. En effet par la suite, les productions vont être moins palpitantes avec Dragon Ball GT qui est objectivement un échec, puis c'est la fin des séries violentes populaires, desormais on a droit aux édulcorés Digimon et Yu Gi Oh où les combats sont virtuels où la violence, le sang et la mort n'existent pas dans un monde aseptisé...


Vegéta mon perso preferé, mon idole dans Dragon Ball Z, ahh quelle classe ce type !


                         Voila la fin des années 90 marque la mort du manga violent massivement diffusé, ne me croyez pas totalement blasé, desormais il existe des animes de qualité (mais ici je ne m'avancerais plus cela ne m'a plus interessé, je suis resté à Dragon Ball Z) Toei diffuse actuellement d'ailleurs le fameux One Piece, mais sa situation de monopôle est terminée, la concurrence est forte et le Studio s'est fait dépasser. L'anime qu'on a connu est revolu desormais il s'adresse à un public plus averti d'adolescents et propose des intrigues plus poussées, surtout ces séries ont été bannies de l'espace public (ce sont les chaines privés payantes Canal + au début, puis les NT1, Game One, les chaines mangas du cable qui ont recuperé ces séries subversives car montrant du sang, de la violence, la vie? à nos enfants).Alors je continue de bénir cette période de flottement que j'ai eu la chance de voir, j'ai pu vivre la fin de l'âge d'or de la Toei et j'ai pu têter jusqu'à plus soif du dessin animé bourrin et violent, manichéen à souhait avec une morale gentillette pour enfants. J'ai vu des personnages se tabasser à mort, j'ai vu des soutiens gorges, des slips des obsédés (Le professur Slump ou Tortue Géniale dans Dragon ball et DBZ). Pourtant je n'ai pas l'impression d'être un désaxé, toutefois progressivement on a commencé à aseptiser le tout pour des dessins animés lisses, creux, pas subversifs un brin au cas où cela risquerait de faire reflechir nos petites têtes blondes. Je mets au défi quelqu'un de me citer un dessin animé passant sur les chaines publiques à des horaires corrects offrant un tant soit peu de violence, de cruauté, bref de la réalité.


               (Attention ici je m'insurge et me lance dans ma petite révolte donc si vous vous en foutez sautez ce paragraphe)
                       Je tiens donc à fustiger nos hommes et femmes politiques (Ségolène Royal aura été une des plus farouches opposantes du dessins animé japonais, militant pour son interdiction) qui ont fait pression pour empecher la diffusion chez les libraires des mangas (genre qui explose actuellement) qui ont fait édulcorer bon nombre de séries, la censure sur Ken le Survivant ou sur une série comme Nicky Larson est tout bonnement hallucinante. Le dessin animé japonais ou japoniaiseries a donc été accusé de nombreux maux, violences, moralités douteuses, (il manquait plus que subversion politique et ont se serait cru dans une véritable démocratie...). Drôle de société où le dessin animé devient dangereux et digne de censure. Si aujourd'hui l'anime japonais explose via les DVDs et sur les chaines payantes tout comme les mangas en librairie, ils sont devenus des produits de consommation, ce ne sont plus les dessins animés accessibles de ma jeunesse, phénomènes de société que tout le monde suivait. Desormais ils ne seront plus sur les chaines gratuites de nos télés, remplacés par des programmes de qualit...non? Moi je vois des programmes débilisants préchant une morale niaise et inadaptée que même les enfants rejettent (se tournant vers les anciens dessins animés). Finalement que le Studio Toei ait décliné je le comprends c'est normal mais savoir que c'est en partie à cause de la censure de ligues familiales et d'hommes politiques, cela me rend amer. Ce n'est pas en surprotégeant nos jeunes qu'ils seront à l'abri, bien au contraire, surtout quand on commence à censurer le dessin animé...


Finalement c'est quoi le plus choquant, la violence d'un DBZ ou ce paradoxe consistant à se voiler la face avec un voyeurisme limite ecoeurant?


                 Bon excusez moi pour cette petite diatribe enflammée, je reviens donc au coeur du sujet à savoir l'hommage que je souhaitais rendre à la Toei Animation. Merci messieurs vous avez su nous faire rêver. Je crois qu'il fallait évoquer cette société culte par ricochet, culte via le rayonnement des séries qu'elle a produites, j'espère que j'ai pu vous rapeller des souvenirs. Toei, un nom que je ne voulais pas oublier surtout qu'il est certainement en partie à l'origine de mon surnom, de mon pseudo Nostalgic du cool.. C'est aussi une société qui a profondément marqué l'animation japonaise , la plupart des réalisateurs de films d'animation ont un grand respect pour ce Studio mythique qui a donné naissance au dessin animé japonais et qui l'a fait grandir lui donnant son style unique (fait d'yeux demesurément grands, d'expressions du visage improbables, d'intrigues à mi chemin entre la réalité et le fantastique...), d'ailleurs beaucoup d'auteurs se reclament héritiers des grands noms du studio qui a je le rappelle lancé deux géants de l'animation. Sans la Toei il est certain que le visage de l'animation japonaise aurait été différent et il ne faut donc pas oublier son influence certes indirecte mais considérable.

(Ne sachant pas trop à quelle catégorie rattacher cet article je le place dans films d'animation ce qui est je pense le plus proche du thème)

Nostalgic Du Cool


Publié dans Films d'animation

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Commenter cet article

kameyoko 07/08/2008 17:25

Toei : mythique studioArticle intéressant surtout la première partie sur l'histoire. Il y a quelques petites erreurs ou approximations, mais l'article n'en demeure pas moins très bon. Effectivement la Toei et LE studio par excellence, qui a marqué toute une génération (la mienne :) ).

Mais le studio n'est pas mort. Tu cites One pice comme une des réusiistes. mais c'ets la serie culte par excellence. 360 épisodes à ce jour, un succès qui ne demord pas.

One piece est un anim pas subversif mais avec quand même de la violence (un petit peu ok), du sang, et des méchants pas gentils lol.

Petit bémol, dommage d'associer les génériques français au studio. Effectivement ils étaient niais mais c'est pas la Toei qui en est à l'Origin.

PS : Hokuto no Ken signifie littéralement le Hokuto de Ken. Le Hokuto shinken étant son art martial contrairement au Nanto de Rei par exemple.