Shinya Tsukamoto, l'hyper nerveux.

Publié le par Nostalgic-du-cool

Shinya Tsukamoto est un réalisateur Japonais, né à Tokyo en 1960, il s'intéresse très tôt à l'image, aux arts plastiques, et dès 14 ans, plus précisement au cinéma; son père lui offre en effet une super-8. IL réalise ses premiers courts métrages à 17 ans et entre à l'univertsité de Nihon. IL en resssort diplomé, ayant acquis une solide technique, et s'étant intéressé au mouvement cyber punk. Fort de son diplome, il travaille quelques temps dans la pub mais le milieu ne lui plait guère, ne lui laissant pas assez de liberté...

                Celluloïd Dreams                   

Il créé donc sa troupe de thèatre (le Kaiju theater), et monte trois pièces, tout en accumulant les petits bouleaux dans le monde du cinéma. Le succès vient très vite, dès son premier long métrage (Tetsuo) qui sort en 1988, son style est remarqué et il a un grand succés, auprès notamment de tous ceux qui se sentent un peu en marge du Japon moderne (les jeunes, les punks, les laissés pour compte, mais aussi les monsieurs-tout-le-monde.). Repéré, il tourne Hiruko the Goblin, un film de science fiction - horreur, qu'il marque de son style, tout en restant assez grand public. Suit une autre commande, la suite du délirant Tetsuo, Tetsuo II. Tourné cette fois en couleur, le film connaitra un succés encore plus important au Japon et fera connaitre Tsukamoto dans le mond entier. Il impose avec ce film, qui n'est pourtant pas totalement le sien, son univers et ses codes.

Le cinéma de cette période sera littéralement marqué par son influence, dont se réclame des réalisateurs aussi différents que Miike, Aronovsky,... (les scènes de Requiem for a dream sont très parlante !).

Il continue ensuite sa série de film parlant de tokyo (que JP Dionnet appelle "tétralogie Tokyoïde", et il a sans doute raison ) : Tokyo Fist, en 1995 , avec lequel il retourne au noir et blanc (beaucoup plus esthétique cette fois, moins nerveaux et sans grain...enfin façon de parler !).

La critique de la jeunesse (qui est pourtant la couche de la population ou il puise le plus de fan) y est très présente, de l'homme salarié aussi. Pour lui, l'espoir réside dans les femmes, qui sont "l'avenir de l'homme"... Son univers s'etoffe de plus en plus, et la ville de Tokyo est traité dans tous ses aspect, des grattes ciel aux "bas fonds" (chers à un autre très grand réalisateur...) en passant par ses rues mal famés: Il déclare notamment à propos de la capitale du Japon: "C'est étrange, une partie de mon être aime une ville comme Tokyo, mais une autre pourrait bien la détruire complétement avec le sourire". Et cela se voit dans ses films, il ne peut s'empecher de bien filmer cette ville, qui est la sienne, de la mettre en valeur, de mettre en valeur les aspectsqui aime de cette ville, tout en en critiquant bien d'autres, beaucoup plus d'autres...

Il développe explicitement dans ce film une vision Nietzschéenne de la vie, tout au moins une vision anti-épicurienne : Il faut souffrir (physiquement ou non) pour vivre, et non pas se protéger de tout...

(On murmure aussi que ce film aurait pu inspirer Fight Club, même si cela n'a pas pu être établit)

Même sujet, on remarquera une certaine attirance pour les problématiques Kafkaïennes dans les Tetsuo, et une ambiance générale qui pourrait bien ressembler à celle de l'auteur Tchèque (critique de la bureaucratie, de l'Etat sur-puissant, de l'impersonnalité...).

Son film suivant n'est pas plus gai: Bullet Ballet, comme son nom le laisse deviner, expose la fascination d'un homme pour les armes (Calibre 38 plus précisement) depuis que sa femme s'est tiré un balle dans la tête. Cette quête va l'amener bien plus loin qu'il ne se l'imaginait, jusqu'a se retrouver une âme, jusqu'à se retrouver lui même. Toujours ce thème de la recherche d'une identité, de la renaissance aprés un drame (Cf Kitano, qui aime bien aussi ce fil conducteur).

Suit Gemini, une adaptation d'un roman, auquel Tsukamoto n'a pas trop de mal à adapter à son style, même si pour une fois il est plus calme et presqe zen, ne laissant la violence apparaitre que par séquences...Reste toujours les même thèmes évoqués plus haut, avec en plus une approche de la gémélité. Le film est plus "baroque" est excentrique que se précédents, mais le style est toujours la.

Je n'ai pas vu les films suivant, mais apperement, le réaliateur y dévellope toujours les mêmes thème, je complèterais dès qu'il me sera possible de les voir... Voici la liste de ses oeuvres depuis:

* A Snake of June, 2002

*Vital, 2004

*Haze, 2005

*Nightmare detective, 2006 (à venir)

A noter, comme Aronovsky, (ouplutot l'inverse...) Tsukamoto a un compositeur de musique attitré: Chu Ishikawa.

Il a aussi joué dans la plupart de ses films, mais aussi dans quelques uns de Miike (Ichi the killer). Selon ce dernier, il joue bien mieux dans les films des autres (voir la liste ici sur IMDB) que dans les siens...

Il fait parti de cette nouvelle génération nippone, assez rebelle et nostalgique d'un certain Japon d'avant la guerre (et pas nationaliste) tout en adorant leur époque, qui est "si merveillleuse pour faire des films".

Carcharoth



Publié dans Réalisateurs

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Commenter cet article

startouffe 23/02/2007 00:26

Eprouvant... mais bon... suis-je maso?J'avoue que les films de Tsukamoto sont très éprouvant et on y prend presque aucun plaisir. Pourtant, une fois le film finit, on est touché et troublé... presque content! A croire que la nature profonde de l'homme est d'être maso...

Une expérience à vivre...