Shaolin, film martial aux accents philosophiques.

Publié le par asiaphilie

Shaolin (Xi shao lin si), Benny Chan, Chine, 2011

 

 

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Shaolin est un énième film qui retrace l'un des très nombreux épisodes de la vie de ce légendaire monastère. Il s'agit cette fois ci de la destruction du temple en 1928 par un général félon du Kuomintang. Qui lit le blog depuis un certain temps se souviendra peut être des articles consacrés à Chang Cheh et à sa tétralogie de shaolin : Men from the monastery, Five shaolin masters, Shaolin martial art, Shaolin temple sont des films qui relatent eux aussi l'un des destruction du fameux temple et la diffusion de ses arts à travers la Chine. On peut aussi bien sur citer la trilogie de la 36ème chambre de shaolin de Liu Chia Liang, ou les Exécuteurs de Shaolin du même réalisateur qui s'appuie la aussi sur une période de trouble à shaolin.

Le thème est donc rebattu. Des dizaines, des centaines de films ont été tournés sur les moines combattants les plus célèbres de Chine. Tous les acteurs de kung fu se sont un jour frotté au mythe, dans une film ou une série. En France, une petite proportion seulement nous parvient mais cela reste assez conséquent pour que le cinéphile avertir ait déjà entendu parler du mythe.

 

sahloncxinsi  On remarquera que Shaolin (très sobrement nommé d'ailleurs) se place après la plupart de ses prédécesseurs, pour se rapprocher de nous et se déroule début Xxème. Ce qui permet au réalisateur de mettre en scène les terribles généraux occidentaux, voleurs d’œuvres d'arts chinoises cruels et cupides et de faire passer quelques messages patriotiques à l'intention de ses concitoyens. Passons cet aspect somme toute minime pour nous concentrer sur ce qui est le pilier de Shaolin, à savoir le bouddhisme. Et oui, les amateurs de castagne seront relativement déçus avec Shaolin qui rappelle à qui l'aurait oublier que si on connait surtout les prouesses martiales des moines, ceux ci sont avant tout des serviteurs du bouddha ! Pour autant, et Benny Chan l'a bien compris, il ne s'agit pas d'un documentaire d'Arte sur la religion bouddhiste mais bien d'un film d'action saupoudré de philosophie, il faut bien vendre ! Surtout quand on a Andy Lau en héros et Jackie Chan et guest star (responsable de la shaolin cuisine!). Il y a donc de beaux affrontements mais aussi de longues séquences sans combats, et on est assez surpris du revirement du personnage de Lau, un terrible général belliqueux qui se convertit et prône la non violence, au point de se sacrifier pour amener à son idée les autres généraux devenus ses ennemis après l'avoir trahis (et avoir tué sa fille). Il accède très vite à cet état d'équanimité où il ne ressent plus le besoin de se venger. Les affrontements ne sont donc pas motivés -comme c'est souvent le cas dans ce genre de film- par un esprit de revanche, de remord ou de jalousie mais ne sont que de la légitime défense de la part des moines où des attaques qui ont pour but de sauver des vies humaines.

 

shaolin siShaolin est donc un peu différent de l'immense majorité des autres films de kung fu. Le concept de compassion, moqué au début est ensuite érigé en valeur suprême et nombreux sont les moines qui meurent le sourire aux lèvres, heureux de s'être sacrifiés pour leurs frères.

L'histoire, bien qu'un peu rapidement emmené tient la route et le scénario n'est pas aussi fantaisiste qu'on peut parfois le voir dans les films de ce genre. L'émotion est souvent présente : tristesse, peur, émois liés aux combats, joie. Les acteurs évidemment sont très bons, la réalisation aussi et on prend plaisir à découvrir une autre facette de ce monastère. Car le point de vue exposé ici est assez inhabituel (quand on arrive des Chang Cheh et Liu Chia Liang cités plus haut), moins guerrier et martial même s'il en conserve des (grosses) traces.

 

Un film honnête, sympathique mais à réserver sans doutes aux fans du genre ou aux amoureux de Shaolin.

 

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Carcharoth

Publié dans Chine et HK

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