Quick (Kwik / Fast), Cho Beom-gu, 2011

Publié le par asiaphilie

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Non vous ne rêvez pas, le titre international du film est bien Quick, qui s'orthographie Kwik en transcription du coréen et que les américains ont choisis de renommer Fast... ça donne d'entrée le niveau du film !

 

Deux choses intéressantes dans ce film : la BMW S 1000 RR, bête de course du constructeur allemand et dont on découvre ici toutes les possibilités. Et le générique de fin avec un bêtisier / making of plus drôle et impressionnant que le reste du film.

Le reste n'est vraiment pas passionnant. L'intrigue est cousue de film blanc ; un jeune prodige de la moto travaille pour une société de livraison de colis. Alors qu'il vient d'en remettre un très important, l'immeuble dont il vient de sortir explose. Il se rend alors à son deuxième rendez vous où il doit embarquer une chanteuse pop pour l'amener à son concert. Mais à peine la belle (qui est-le monde est petit!-son ex-copine) a-t-elle mis le casque qu'un compte à rebours se déclenche et que le téléphone sonne. Il doit amener un certains nombre de bombe à des personnalités mafieuses et ce dans un temps très court. Mission périlleuse qui risque de lui couter la vie, d'autant que les policier locaux se mêlent de la partie.

 

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Cela ressemble furieusement à un mélange du Transporteur, de Fast & Furious et de Speed. Trois blockbuster basés sur la vitesse, le sport mécanique et des espèces de mafias. Ont pourrait même pour être chauvin rajouté l'influence de la série Taxi puisque Han Gi-su trimbale son ex-petite copine à longueur de film. Vous allez me dire que les films cités en exemple ne sont pas des navets et répondent à une certaine demande, se calent dans un créneau relativement porteur et font passer un bon moment de divertissement à leurs spectateur. Certes. Mais Quick comme tout bon film coréen grand public tente de mélanger les genres et de jouer sur tous les tableaux. Noble ambition que le film n'arrive jamais à atteindre. Film d'action, d'amour, comédie, thriller mafio-politique, histoire de revanche qui essaie de séduire un public de niche (motards), les ado et tout ceux qui rechercheraient un bon divertissement. Ce dernier point a été atteint avec brio puisque Kwik (pardon Quick) se classe 6ème film coréen de l'année 2011 avec plus de trois millions de spectateurs.

 

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Pour le reste le mélange tue dans l’œuf le film qui a un gros problème de rythme et d'identité. On ne sait pas devant quoi l'on est, on passe de courses poursuites bien foutues à des gags ou à des cascades qui la plombe complètement, les scènes un peu romantiques sont elles aussi ridiculisées par des mimiques et un humour potache qui empêche toute empathie de la part du spectateur. De plus la mise en scène toujours trop sérieuse du réalisateur gène aussi l'aspect comique ! C'est l'exemple parfait du film qui a le cul entre deux chaises, qui se mélange les pinceaux et dont il ne ressort au final qu'un gloubi boulga infâme. Pour ne rien oublier les acteurs ont été choisis uniquement pour leur popularité et leur plastique. Un playboy à la coiffure super mode (qui ne se défait pas même à 200 bornes à l'heure) et une starlette bien roulée. Leur jeu est assez nul, plat, terrifiant par manque d'implication et d'intelligence. Lee Min-ki (Han Gi-su) semble lire son texte, avec une voix atone tandis que Kang Ye-won passe son temps à minauder et à crier de façon hystérique. Le making of prouvera par la suite que l'actrice ne surjouait pas, malheureusement. Bref ces deux là n'ont que leur physique pour eux ce qui est un peu gênant dans un long métrage qui reposait en grande partie sur la qualité et la diversité de leur jeu pour tenir sa ligne. Là, ça foire complètement et le multi-genre voulu coule le film.

 

Car non content de souffrir de tous les défauts déjà énumérés plus haut, Quick a aussi un problème de rythme. Une incompréhensible histoire de mafia et d'industrie étatique véreuse vient saborder la frénésie de l'action (qui aurait pu masquer une partie des faiblesses) en la coupant par de sombres intrigues qui ne sont même pas amenées avec finesse ou de façon à introduire un peu de suspense ou de tension. Pof ça débarque, 10 minutes et puis c'est reparti pour la course en moto.

 

Je vais faire encore mon chieur mais en parlant de moto il y a quelques incohérence puisque Gi-su est poursuivit et même rattrapé tout au long du film par un flic sur un espèce d'enduro. Et ce sur autoroute. C'est un peu comme si Columbo dans sa 504 essayait de suivre Sami Nasseri. M'enfin, comme ces scènes à moto sont les seules bonnes du film, on ne va pas trop les accabler. Et encore, certains effets et trucages sont bien trop visibles pour un film qui se veut blockbuster et passent assez mal, la faute à une mise en scène un peu pataude et répétitive...

 

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Donc ce film, s'il est bien classé au box office n'est surement pas l'un des tous meilleurs de l'année. Tout juste ravira-t-il les fans de moto et de courses poursuite ainsi qu'un public familial (presque pas de sang, une violence maquillée et gentillette) bon enfant et sans trop d'envie de critique. Pour tous les autres, ne vous attardez pas, si ce n'est pour admirer l'espace de quelques minutes les plastiques de top model des acteurs.

 

 

Carcharoth

 

semainecoree

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Sans Congo 29/10/2012 11:27

ça a été ma grosse occasion ratée en 2011, j'ai longtemps cherché le temps de regarder le film - d'autres cherchent le temps perdu mais enfin bon - mais finalement la flemme. J'avais l'impression
qu'il y avait des scènes très sympa sur des autoroutes type matrix reloaded, mais bon à lire ce que tu as écrit, je vais me contenter de quelques extraits sur youtube;

chapeau pour votre boulot, vous avez effectivement l'air d'avaler un gros nombre de films

Chris 18/03/2012 15:04

Je suis fasciné par le volume de films coréens que tu arrives à critiquer en si peu de temps... Ou trouves tu le temps ? Et où trouves-tu les films ?
Je n'ai pas eu le temps de lire toutes tes billets de la semaine, mais je vais le faire. Si tu devais conseiller 1 film parmi tous ceux critiqué ?

asiaphilie 19/03/2012 13:51



Merci Chris ! Pour les films, je m'y suis pris à l'avance et ai programmé leur parution sur Asiaphilie... La semaine qui vient de passer était bien trop chargée pour que je puisse voir quoi que
ce soit, d'ailleurs le rythme risque de ralentir très bientôt...


Tu n'est pas obligé de lire tous les billets, tu verras très vite qu'il y a des films que je ne recommanderais pas dans ceux que j'ai vu. Pour LE film à voir, il y a A Petal, fantastique oeuvre
indépendante et tête de proue du cinéma qu'Epikt (insecte nuisible) défendait sur ton blog, ou que Bastian Meiresonne promeuvait aussi. Il y aurait aussi Hindsight, très belle oeuvre mais à
l'esthétique proche de celle des films de Kim Jee woon. Sinon Last Blossom, touchant ou Hanji (le film docu de Im kwon taek) mais qui reste assez spécial. Bref en fait je crois que tu vas
réellement être obligé de tout lire pour te faire une idée.


Pour conclure et répondre à ta question sur l'accessibilité des films, c'est bien évidemment la magie (illégale) d'internet qui m'a permis de voir ces oeuvres en VOSTenglish...