Printemps, été, autome, hiver et... Printemps. Par Kim Ki-Duk.

Publié le par Nostalgic-du-cool

Ce film au titre démesuremment long (cela est sans doute fait exprès, quoique

après traduction on ne puisse pas vraiment juger...), retracant le cours d'une

année par ses saisons est le neuvième film de Kim Ki-Duk. Neuvième... Le neuf,

chiffre oh combien symbolique ! Symbole d'achévement, de fin de cycle (il est le

dernier chiffre avant 10), symbole donc de vie et de recommencement, d'infini.

Comme rien n'est du au hasard...

Mais passons, ceci n'était qu'une anecdote. Ce film donc, est un des chefs

d'oeuvres les plus connus (à raison) du cinéaste coréen. Il retrace, à travers les 4

saisons, la vie et l'évolution d'un jeune homme. Tout d'abord recueilli par un moine

dans un temple au beau milieu d'un étang, il grandit, tombe amoureux, puis

devient envieux et se laisse aller à la violence. Il retourne alors, l'automne venant,

près de son maitre, qui lui adminsitre un chatiment. Puis il se livre à la police, et,

lorsqu'il a purgé sa peine, revient prendre la relève du vieux moine qui a quitté ce

monde en s'immolant. Symbolisant bien évidemment les cycles de la vie au

travers de la religion Bouddhiste qu'il connait bien (voir sa bio dans ce blog

même, ou je soulignais qu'il avait été près de devenir lui même moine dans sa

jeunesse), ce film est une magnifique réflexion sur la vie. N'utilisant la religion que

comme moyen, et non comme but, Kim Ki-duk nous livre un film spirituel certes,

mais aussi et surtout philosophique, universel et magnifique.

La contemplation du paysage, accompagné par la musique de Bark Jee-Woong,

fait partie du film, et est nécessaire à la bonne pénétration, à la bonne infusion de

l'Idée du film. Pas moraliste un brin, on n'est pas pressé de faire un choix, mais on

admire la maitrise scénaristique et de réalisation.

Chaque saison est associée (comme brièvement signalé plus haut) à une étape de

la vie, à un état d'esprit (bien mieux utilisé que dans les climats):

L'Hiver, le début du film, le commencement et la fin: l'enfant arrive, est recueilli

par le vieux moine. Dès la fonte de la glace, il découvre la cruauté de la vie, et y

participe, en subissant les conséquences. Période de formation, ou l'on contient

plus ou moins tout son être en soi.

Au Printemps, ces passions font leur apparition et se déchainent. Le jeune homme

découvre la vie, l'amour, l'envie, la rebellion. Il quitte son maitre pour vivre parmis

les hommes, quittant la paix de l'enfance pour la violence de l'âge adulte.

Pretty Pictures

En été, on ne voit pas beaucoup le jeune adulte qui a fui. On le découvre en même

temps que le prêtre par une coupure de presse. Ses frasques continuent, mais la

prise de conscience intervient.

Ce qui le raménera au temple, en Automne. Saison de la repentance, du chatiment

aussi. Par le moine, et par la socièté: l'intérieur, et l'extérieur. Il est lavé de son

impureté. Mais il doit quitter son havre de paix, et poursuivre son chemin

intérieur.

Retour de l'Hiver, retour de l'adulte, sortie de prison. Il remplace le Moine, et

reprend son role, éduquant à son tour un très jeune enfant. Se sentant pret, il

accompli son chemin de croix (très mauvaise comparaison, d'accord...) et amène

une statuette au sommet de la montagne la plus proche, ou elle contemple toute

la valée, et le temple...

Le film, malgré tous les évenements atenants à cette histoire, ne montre que le

temple, les rives du lac au centre duquel il est, et la forêt alentour. Paix, calme et

tranquillité. Cela contraste, ou accompagne les différentes humeurs des

personnages.

Pretty Pictures

Film philosophique bien plus que "religieux" (même au sens de spiritualité), le

réalisateur donne ici sa vision calme et cyclique (tout est construit autour de

cercles dans ce film, tout comme dans la religion bouddhiste: le monde qui

entoure le lac qui entoure le temple qui vit au rythme des saisons et des hommes)

de la vie. Somptueux. On en ressort changé.

A noter, l'homme qui revient après sa peine de prison et qui remplace le moine

dans sa tache, homme accomplit par exellence, et qui poursuit son oeuvre, est

joué par Ki-Duk lui même !

* Le serpent, que l'on voit à plusieur reprise, notamment à la mort du vieil homme,

symbolise la sagesse et non pas le mal. Pas de christiano-centrisme déplacé. (voir

pour plus d'amples info le forum allociné du film)

Pretty Pictures

 

 

Carcharoth



Publié dans Corée

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ffred 23/02/2007 23:51

Je viens de le voir et je suis sous le choc et sous le charme. Un vrai chef d'oeuvre !!!