Le Roi Singe - La boîte de Pandore (A Chinese Odyssey), Jeffrey Lau et Stephen Chow, 1994

Publié le par asiaphilie

Le Roi Singe – La Boite de Pandore (A Chinese odyssey), Jeffrey Lau, 1994

 

 

 

 

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Le roi singe est un film en deux parties, inspiré d'une légende chinoise elle même retranscrite sous forme de livre au XVIème siècle. Nous ne parlerons dans cet article que de la première partie, sous titrée « La boite de pandore ». Une seconde chronique commentera la suite (« Cendrillion »)de façon plus succinte.

L'adaptation cinématographique de cette légende très populaire est à l'origine un projet de Tsui Hark. Mais celui ci, débordé ne l'a jamais réalisé. C'est donc Jeffrey Lau qui se lance, en compagnie de Stephen Chow déjà connu en Chine pour ses parodies et comédies à succès. En France, c'est à posteriori et avec l'expérience Crazy Kung Fu et Shaolin Soccer que nous voyons ce formidable acteur se livrer à ses prouesses comiques.

 

chinese-odyssey-part-one-pandoras-box-1-1  Le film raconte les aventures du Roi Singe, puni pour avoir essayé de manger un moine. 500 ans plus tard, il doit réapparaitre en plein cœur du désert, non loin d'un campement de brigands. La centaine de lustres écoulée, plusieurs démons se pointent dans le coin espérant se lier avec ce nouveau roi singe et acquérir un grand pouvoir grâce à lui. Très vite il semble que le chef des bandits pourrait être la réincarnation du dieu simiesque, même si celui ci a bien du mal à le croire, ainsi que ses sbires. Son amour naissant pour une démone l'entrainera dans des aventures inimaginables.

 

L'histoire, compréhensible au début devient très vite extrêmement compliquée, multipliant les références, les faux semblants, les mensonges, les revirements et les jeux de mots absurdes et il ne faut pas s'étonner si l'on ne parvient pas à suivre parfaitement l'intrigue qui de toute façon n'est pas la chose la plus importante dans cette œuvre. Ce genre, très populaire en Chine est en effet appelé comédie non-sensique pour la bonne raison que l'humour y est très spécial, souvent absurde, scatologique et basé sur des jeux de mots chinois intraduisibles qui rajoutent encore pour nous (humbles spectateurs occidentaux) une dose d'absurdité. Toujours est il que le genre est très populaire en Chine mais qu'il a bien du mal à s'exporter (hormis les deux titres cités plus haut) ailleurs, et on comprend très bien pourquoi en regardant Le Roi Singe.

 

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Il ne faut évidemment pas faire attention aux effets spéciaux, décors et costumes qui sont assez peu réussis, sans doute à cause d'un budget assez faible et de moyens techniques tout aussi minces. Ceci dit, malgré d'évidentes faiblesses dans ce domaine, une belle cohérence se dégage et fait presque oublier les défauts cités. Surtout si l'on y rajoute les pitreries de Chow, omniprésent et irrésistible dans son rôle. Le film fait preuve d'une belle tendresse et même d'un penchant au romantisme malgré un scénario à la base assez sérieux et tragique. Il mêle admirablement le burlesque, l'absurde à des situations qui le sont moins pour qu'en ressorte ce fameux humour non sensique. Au moment où l'on va exploser de rire, une petite pique nous rappelle que la situation ne s'y prête pas, et si l'on commence à avoir les yeux humides alors un gag potache nous déride et dessine un beau sourire sur notre visage. Très habilement donc les touches d'humour gras et absurde jouent leur rôle de compensateur dans une histoire qui pourrait être sérieuse et dramatique.

 

En ce sens Chow et Lau respectent la légende qui s'est au fil des années et des chroniqueurs enrichie de nombreux personnages mythiques, démons et autres divinités toutes plus fantastiques les unes que les autres. Si le Roi Singe s'est petit à petit détaché pour en devenir le protagoniste c'est aussi parce qu'il recèle ce potentiel comique énorme. Pour l'anecdote, sachez que c'est ce personnage qui inspira celui de Sangoku dans la série bien connu Dragon Ball.

 

Une comédie typiquement chinoise donc, avec un Stephen Chow excellent, très drôle et qui parvient à faire oublier une histoire qui s'éparpille quelque peu.

 

 

 

Carcharoth

Publié dans Chine et HK

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