Le Lézard Noir, Kinji Fukasaku, 1969

Publié le par Carcharoth

Le Lézard Noir, Kinji Fukasaku, 1969

 

 

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Roman d'Edogawa Rampo adapté pour le théâtre par Mishima et au cinéma par Fukasaku, le Lézard Noir est une œuvre qui aura attirée les auteurs les plus célèbres. Mishima joue d'ailleurs un petit rôle dans ce film, celui d'une statue décrite dans le livre comme celle d'une « homme très beau au corps parfait ».

Réalisé entre plusieurs films de yakuzas, ce film appartient plutôt au genre policier avec une bonne touche de psychédélisme et de kitsch.

 

L'intrigue est assez simple : M. Iwasa possède deux choses, une fille magnifique et le plus gros diamant du Japon. Le Lézard noir, le meilleur cambrioleur du pays convoite les deux et voit dans l'une un très bon moyen pour obtenir l'autre. Face à lui, Akechi, meilleur détective du pays. Un duel au sommet donc, avec dans l'air un peu de romance, du style, de la classe et des stratagèmes hitchcockiens. Car le plus grand cambrioleur japonais est une séduisante femme, aux goûts certes raffinés mais proches de la folie. Elle rêve en effet de faire des être exceptionnellement beaux des diamants en les naturalisant comme des animaux pour rendre leur corps éternel... Elle tente une première fois d'enlever Sanae (la fille d'Iwasa) dans un hôtel en faisant amie-amie avec elle. Mais Akechi fait surveiller les entrées, et la grosse malle sortant met vite la puce à l'oreille des sentinelles qui parviennent à la récupérer pendant que la cambrioleuse et le détective parle tranquillement, ce dernier feignant d'ignorer la véritable identité de son interlocutrice bien culottée. Celle ci parvient même à s'enfuir après que son projet ai avorté en subtilisant son revolver à Akechi. Sa seconde tentative a lieu au domicile même de la jeune fille et d'Iwasa. Elle parvient à faire empaqueter la jeune femme dans le nouveau canapé que son père vient de recevoir et à embarquer sa proie sur son bateau, qui vogue vers son musée personnel, fruit de ses nombreux vols de bijoux et autres œuvres d'art. Mais on entend des voix à bord, et le Lézard comprend vite que ce diable de détective a réussit à se glisser à bord. Elle le découvre même dans son canapé escamotable, qu'elle fait ficeler aussi tôt et balancer par dessus le bastingage. Mais alors qu'elle montre quelques heures plus tard ses statues quasi humaine à sa captive, des choses étranges se passent, et lorsqu'elle découvre qu'elles sont l'oeuvre d'Akechi ressuscité, il est trop tard et la police est la. Il ne lui reste plus alors qu'à se suicider dans les bras de celui qu'au final elle aura été le seul à aimer, son meilleur ennemi...

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Fukasaku se livre à une adaptation fidèle, même si quelques épisodes sont sautés et quelques menus détails modifiés pour la bon déroulement du film. Dans ces rares cas le sens du roman et sa structures sont toujours préservés, et plus que tout c'est le ton, les caractères des personnages qui sont fort bien rendus à l'écran, et ce bien que chacun se fasse bien sur une idée différente lors d'une lecture d'un même livre.

Cela est sans doute dû aux exceptionnelles performances d'acteurs de Akihiro Miwa et Isao Kimura. Le premier, drag queen transformiste se régale dans le rôle de cette énigmatique et malgré tout romantique criminelle (qui se déguise en homme pour échapper à ses poursuivants), tandis que le second reste plus sobre et mesurée mais colle ainsi parfaitement à son image de détective parfait et stratège d'une intelligence rare. La première participe encore un peu plus à l'ambiance du film en interprétant le thème musical. Il ne faut bien sur pas oublier dans les responsables de cette réussite le réalisateur, Fukasaku, que l'on retrouve bien loin des excès de violences de ses yakuzas mais qui prouve qu'il est capable de faire autre chose et de le faire bien.

Les décors, les lumières sont autant d'éléments qui m'ont fait dire que le film était un petit peu psychédélique et kitsch, il est en tous cas très ancré dans son époque au niveau des costumes et des décorations et c'est d'ailleurs la chose qui m'a le plus surpris par rapport au livre de Rampo.

 

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Ainsi on peut dire qu'il s'agit d'une très bonne adaptation d'un auteur japonais reconnu par un réalisateur lui aussi estimé à raison qui a su s'entourer d'acteurs parfaits pour leurs rôles. L'intrigue est passionnante, le film passe très vite, la fin bien que très romanesque colle bien au style de Rampo. A voir !

 

 

 

 

Carcharoth

Publié dans Japon

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