L'ombre du fouet, Lo Wei en small boss.

Publié le par Nostalgic-du-cool

L’ombre du fouet (Ying zi shen bian), Lo Wei, HK, 1971.




 Lo Wei est un réalisateur qui travailla pour la Shaw de nombreuses années (1953-71), mais est surtout connu en France pour deux de ses films (produits par la golden harvest, concurrente de la Shaw, qui apparement ne lui en a pas voulu puisqu’elle l’engagea encore pour quelques films, dont le premier de Gordon Liu) : Big Boss et La fureur de vaincre, les deux premiers films de Bruce Lee. Produit et tourné la même année que le premier, L’ombre du fouet est un film sans aucun rapport avec Big Boss, bien qu’il soit la aussi question de trahison et de recherche jusqu’au boutiste du « méchant ».

 Ici donc, les canons du film de sabre sont repris, sans talent fou ni originalité notable.



Maître Yang (Wei Lo), Maitre Hong (Feng Ku) et Maitre Fang (Feng Tien), dit aussi fouet-divin doivent escorter une riche famille et ses biens considérables. Mais la veille du départ, Yang est attaqué, perd la vie et le trésor est subtilisé par un mystérieux agresseur masqué avec un fouet. Les soupçons se portent très vite vers Fang, d’autant que celui-ci a disparu pendant la nuit.

15 ans plus tard, une jeune tenancière d’auberge vient se ravitailler à la ville. Son homme à tout faire est pris à parti par un groupe d’homme appelé « Le Trio ». Seule l’intervention d’un dénommé Wang et de sa maîtresse, qui désarme l’un des trois hommes avec son fouet, lui sauve la vie. Impressionné par les talents de la jeune femme avec cette arme si rare, le jeune homme ne peut s’empêcher de lui demander si elle ne connaîtrais pas fouet-divin, le plus fameux manieur de l’instrument en question. S’appellant Yang, elle répond que non. Mais le jeune homme est intrigué, et se rend à l’auberge de la jeune femme. Il est cependant devancé par un vieil homme, à l’allure féline et qui ne laisse pas de traces dans la neige.




L’oncle mystérieux de Yang est prévenu. Mais le visiteur, qui n’est autre que Hong, le poursuit jusqu'à un bosquet d’arbre où ils s’affrontent un moment, puis l’oncle, qui était bien fang prend la fuite, souhaitant rencontrer ce Wang dont sa nièce lui a parlé et qui le recherche. Mais il est obligé d’intervenir dans un combat opposant sa fille et le groupe des 16 bandits, frustrés depuis 15 ans du vol qu’aurait commis Fang et désirant récupérer les 300 000 taels. Pendant le massacre des bandits, Yang s’en va retrouver Wang à l’auberge, tandis que son oncle achève le travail. Lorsqu’elle arrive, il fait nuit, et le jeune homme semble seul dans sa chambre. Choisissant l’entrée la plus académique pour elle, elle bondit sur le toit et ouvre la fenêtre. Un coup d’épée la surprend, ainsi qu’un « Fang Cheng Tian te voila ! ». Ayant dévoilé son identité, elle demande au jeune homme ce qu’il peut bien vouloir à son oncle. Il explique alors être le neveu du chef d’escorte Yang, tué dans l’escarmouche il y a 15 ans, et dont la femme s’est suicidé de honte et de tristesse. Ils sont cependant vite encerclés par Hong et ses hommes, renseignés par le chef de l’auberge qui en fait parti. Ils ne parviennent à s’échapper qu’a cours d’un long combat, puis sont surpris sur la route par Hong et sa garde. Alors que le combat semble désespéré, Fang surgit avec des chevaux, met en déroute pour un court instant leurs adversaires, et s’enfuit avec eux au galop, direction l’auberge. Il consent la bas à dévoiler ce qu’il avait toujours caché à sa nièce, qui en fait est la fille de Yang, qu’il a sauvé de l’incendie le soir de l’embuscade, raison pour laquelle il n’est pas intervenu bien qu’il avait remarqué cet homme masqué se faisant passé pour lui. Choisissant le déshonneur plutôt que de risquer la mort de la dernière Yang, témoin qui plus est du vol, il avait fuit tout de suite après la mort de Yang qu’il n’avait pu empêcher. Son combat et celui de Wang se rejoignent alors et d’ennemis ils passent à alliés, au moment où surgissent justement dans l’auberge les hommes de Hong. Habilement, Yang le fait parler, et il avoue son crime devant tous ses hommes. Wang, Yang et Fang le combattent alors, puis le tuent. L’honneur est retrouvé, la vérité faite, la vengeance accomplie.



*

 On l’a vu au tout début, ce film est sortit la même année que Big Boss (et l’Hirondelle d’or), premier film et premier carton de Bruce Lee. Et on voit tout de suite la différence. La ou le petit dragon introduit des combats originaux, brutaux, superbes et charismatiques, ils manquent ici d’énergie, de réalisme et sont surtout assez mal chorégraphiés. Je m’explique : Un peu comme dans Duo Mortel, ils sont plus important que l’histoire, qui ressemble plus à un prétexte qu’à autre chose, et qui d’ailleurs tarde à démarrer, est assez mal agencée et se déroule de façon peu réaliste. Bref c’est bancal. Si à ça vous ajoutez ce que j’ai déjà dit sur les combats, sur leur manque d’inventivité, le fait qu’on dirait qu’ils sont parfois accélérés pour donner une plus forte impression, sur le fait que les acteurs ne sont pas monstrueux, que leurs bonds avec câbles rappellent furieusement mais en bien moins poétiques et réussis ceux de Tigre et Dragons (ou l’on retrouve d’ailleurs l’actrice principale, Pei Pei Cheng), qu’ils sont interminables et opposent des nuées à deux ou trois personnes, armés de fouets intranchables, etc… Coté acteur, on retrouve avec plaisir le Bong Joon Ho chinois, Sammo Hung Kam-bo, qui malheureusement ne dure pas bien longtemps. Les autres sont convenables, sans plus. Ils sauvent le film par leurs performances martiales, qui sont tout de même loin d’égaler celle d’un Gordon Liu. On voit à cet égard le manque d’un réel chorégraphe spécialiste des combats. Lo Wei, bien que connaisseur ne peut égaler un Liu Chia Liang à la direction des affaires.




De plus, le tournage allie scène de studio et scènes en extérieurs enneigés très mal raccordés et qui donne une impression étrange au film, et prouve encore une fois les maladresses de Lo Wei et de son équipe, dont finalement seuls les acteurs sont à gardés.

On comprend mieux alors pourquoi Bruce Lee, voulant métamorphoser els combats s’est vie défait du réalisateur, assez bon acteur par ailleurs, mais d’un classicisme navrant à la réalisation, et surtout sans génie, sans idée, voulant juste filmer des combats plus ou moins réalistes, ayant pour justification des thèmes ultra utilisé dans le wu-xia que sont la vengeance, la soif de justice, le sacrifice au péril de son honneur, etc… Derrière ces thèmes archétypiques, on attend souvent un petit plus, une marque du réalisateur, un coup de génie des acteurs. Ici il n’y a rien de tout cela.



 Alors le film se regarde, par passion, par amusement, par curiosité, par plaisir si on aime les combats et qu’on est pas trop demandant quant à une histoire cohérente, mais n’allez pas y chercher du génie, de l’art d’avant-garde ou autre chose. Il ne peut que divertir, et encore…

 

Fiche Imdb.

Les autres films de Lo Wei : Big Boss, La fureur de vaincre.

Film avec Pei-Pei Cheng : Tigres et Dragons.

 

 Carcharoth.



Publié dans Chine et HK

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Carcharoth 24/02/2010 13:42

Merci, mais le fait que nous soyons deux explique sans doute une grande partie du travail abattu ici ! ce n'est pas si dur en définitive, lance toi !

Jeux Chevaux 24/02/2010 10:02

Tu as raison. Tu assures. Je reviendrai, jaimerai avoir un blog comme celui la. Excellent travail, le tout est tr