Kim ki-Duk, l'autodidacte spirituel.

Publié le par Nostalgic-du-cool

Kim Ki-Duk est né en 1960 dans un village Sud-Coréen. Dès sa plus tendre enfance il se passione pour le dessin et la peinture. Il doit émigrer à 9 ans a Séoul pour suivre son frère et poursuivre ses études (son enfance n'est pas heureuse, et il est l'objet de nmbreuses violences: voir le film "crocodile" assez autobiographique sur ce sujet). Il apprend dans un lycée agricole, sans vraiment avoir le choix. A 17 ans il doit travailler: il est ouvrier. Il le restera pendant 3 ans, aux cours desquels sa passion pour le dessin est un peu mis entre parenthèse. Le jeune homme se cherche. A 20 ans, il rentre dans l'armée, ce sera pour lui une expérience très marquante: il en ressort au bout de 2 ans, et veut devenir prêtre. La spiritualité et le zen occuperont dès lors une grande place dans sa vie. Il survit plus ou moins jusqu'en 1990, date à laquelle il émigre à Paris, pour suivre des cours d'arts plastique. Il vend des toiles pendant 2 ans, parallélement à ses cours, puis repart en Corée, ou il écrit coup sur coup les scénarii de Painter and prisoner et  de Illegal crossing. Il remporte le pris du scénario en Corée: c'est le début de sa carrière, et de son succès (enfin surtout de sa carrière...).

                                        

En 1996, il écrit son premier long métrage autobiographique (crocodile), qui retrasncrit la vie d'une "famille": Deux mendiant, un jeune abandonné et une femme que ces derniers ont empeché de se suicider.

Violent (le jeune femme se fait violer par "crocodile") mais assez sentimental. L'année suivante, Wild animals sort dans un terrible anonymat (Apparition à l'écran de Richard Borhinger et Denis Lavant, le film a été tourné a Paris). L'accueil est tout aussi discret pour Birdcage Inn, mais Ki-Duk améliore son style, crée son univers et par dessus tout, est diffusé dans de nombreux festivals (et presque exclusivement d'ailleur) ce qui lui permet de se faire connaitre autant sinon plus à l'étranger qu'en Corée. De plus, il entre dans une phase plus douce, aussi poétique qu'auparavant mais presque sans violence, doux-amer.

Il décolle enfin avec l'Ile, qui reçoit de nombreux prix et est bien plus diffusé que le reste de ses films, notamment à l'étranger. Il y reprend le thème du suicide, d'un amour qui tombe du ciel, qui est nourrit par la souffrance d'un membre du couple, et du rapport à l'eau.

Il signe ensuite une sorte de projet expérimental: Real Fiction, peu connu et assez peu représentatif de son cinéma. Une simple étape dans son parcours.

Le virage qu'il prend avec Adresse inconnue, puis bad guy est bien plus significatif: Ces films sont bien plus mature, plus politiques aussi (bien que Adresse inconnue soit autobiographique). Le second est son plus grand succés international, et lui offre la reconnaissance après laquelle il courait de festival en festival.

L'année suivante, poursuivant dans la même veine contestataire, il signe un film sur la frontière Nord/Sud (passage obligé dans tout parcours "réalisateuresque" en Corée !) et le monde des gardes cotes (qu'il connait, n'oublions pas qu'il à fait l'armée...): C'est Coast Guard. Dans ce film, il signe un bref retour à la violence, physique et morale, pour souligner l'absurdité de cette opposition et les névroses qu'elle entraine (là ou JSA appuie sur les liens toujours existant par exemple). Puis vient le magnifique Printemps, été, automne, hiver et... Printemps: Aprés la violence, la contemplation, le pardon, le cycle de la vie et des âges. Une belle parabole sur le sens de la vie si cher aux "monthy".

Ensuite 3 succés: Samaria (la confrontation de deux univers: une pute et une jeune fille innocente sont amie depuis toujours, mais la prostitué tombe amoureuse...), Locataires (une jeune homme squate des appartements temporairement inoccupés, mais un jour, il ne voit pas une jeune femme qui dort... Un film presque muet mais magnifique. Des sentiments, rien que des sentiments. La violence n'est pas absente, une étrange relation se créera entre ces deux personnes.) Et enfin, L'Arc. (Un vieil homme a recueilli une fillette et attend ses 17 ans pour se marier avec elle. Il la dorlotte sur son bateau, qui est leur maison depuis toujours. Pour vivre, il reçoit des pécheurs qui loue le bateau, mais un jour un jeune homme passe, et la jeune fille découvre l'amour...).

dernières sorties (mais pas vues): Time (2006) et Breath (prévu pour cette année).

Beaucoup de personnes et de spécialiste du cinéma asiatique ont reprochés à Kim Ki-Duk de venir "se vendre" en Europe, alors que chez lui il n'est pas vraiment reconnu, du moins pas autant qu'ici; et de réaliser parfois trop de film et trop vite.Son cinéma est tout de même trè intéressant dans l'ensemble, et assez "iconoclaste" (même si justement, il adore les images), très beau (plastiquement parlant) et très personnel. Il ne ressemble pas vraiment à cette nouvelle vague Coréenne, tout en en faisant partie (vu de chez nous en tous cas). La force de ses films est donc leur personnalité, leur unicité, leur typicité (justement dûe à cette manière de filmé, parfois très rapide et sans faire beaucoup de prises). Gageons qu'il continuera à faire parler de lui, notre homme indécis...

Carcharoth



Publié dans Réalisateurs

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Lenzoa 01/07/2008 21:18

Un trés grand metteur en scène. Son dernier film, Souffle, m'a boulversé.

pierreAfeu 27/09/2007 16:49

Je ne sais pas si KKD filme trop vite, mais en tout cas, moi j'écris trop vite… Je voulais mettre : A mes yeux, son film le plus BEAU, et aussi l'un des plus beaux du cinéma de ces dernières années, reste "Locataires".

pierreAfeu 27/09/2007 16:42

Au regard du récent Time, j'en arrive à penser moi aussi qu'il tourne peut-être un peu trop de films… J'ai découvert son cinéma avec "L'ile" (vu sur arte presque par hasard) et qui m'est apparu comme une sorte d'ovni (un peu comme lorsque j'ai découvert Tsai Ming Liang avec "Vive l'amour"). A mes yeux, son film le plus, et aussi l'un des plus beaux du cinéma de ces dernières années, reste "Locataires".