Guinea Pig : Mermaid In A Manhole, le condensé de gore mon Partenaire Minceur !

Publié le par Nostalgic-du-cool

cycle 
 
 cinema japonais

Derrière la grosse deception du premier épisode de la série Guinea Pig qu'etait Devil's Experiment film gratuit à la limite de l'insupportable et même pas tant gore que ça, j'ai longuement hésité à voir l'autre épisode dispo sur le DVD Guinea Pig. Mais pour le cycle japonais, pour Asiaphilie et pour le lecteur je me suis encore sacrifié (faisant preuve je crois d'une abnégation admirable) et j'ai regardé le 4eme opus de la série Mermaid In A Manhole qui peut se résumer à un mot : GORE. Pfiou je vous jure qu'est ce que c'est gore : des plaies, des furoncles, du sang, du pue, des vers grouillant sur un corps en décomposition, j'en passe et des meilleurs. Bref mesdames en cette période d'été ce film peut devenir votre meilleur ami, merveilleux coupe faim dans sa première partie, il peut devenir pour les boulémiques un excellent moyen de "s'alleger" oralement d'un poids dans sa dernière demie heure, il suffit de quelques minutes l'effet coupe faim est garanti. Mais trève de plaisanteries revenons au film qui, pour le coup, a été apprécié car cette fois on ne joue plus avec une réalité ecoeurante, on est ouvertement dans la fiction flirtant avec le fantastique avec un gore exagéré assez délirant (par exemple du pue de couleurs différentes jaune, verdatre, bleu). Enfin je comprends un peu mieux le statut "culte" de Guinea Pig avec ce sympathique n'importe quoi ultra degueu que j'ai apprécié, prouvant que je ne suis pas hermétique au genre et que le premier opus présente vraiment un problème...



Bon autant prévenir tout de suite les plus jeunes ou les âmes sensibles ce film est super gore, peut être le truc le plus gore que je n'ai jamais vu, à côté Saw IV dernier film "gore" que j'ai visionné, c'est de la soupe, donc si vous n'êtes pas amateur du genre inutile de lire cet article ni même de voir ce film car l'aspect gore c'est un peu son seul interêt.

Alors comme je l'ai déjà dit (désolé je radote) c'est gore, mais il n'y a pas d'autre mot, ce film est assez difficile à décrire, l'intrigue est des plus space, ce n'est pas un film d'horreur, ce n'est pas angoissant, il est d'ailleurs assez court (1h). En fait je dirais c'est du gore esthétique, trash pour trash, avec des effets super bien foutus, remplis de gros plans ragoutants, de ralentis bien degueulasses, bref mieux vaut avoir le coeur bien accroché parce que l'on ne nous epargnera aucun détail. Mais pour ma part et c'est tout à fait personnel, je comprends qu'on deteste et même qu'on refuse carrément de voir ce film (ce que je vous conseille si vous n'êtes pas amateur du genre car ce film n'est pas une très bonne entrée en matière) ça c'est passé super bien. C'est dégoutant mais c'est exagéré, l'intrigue est tellement délirante (en gros une sirène découverte par un peintre dans les égouts se couvre peu à peu de plaies purulentes malgré les soins de son impuissant ami) que l'aspect degueulasse, car je le repète mais y'a des trucs incroyablement crades, passe bien. Pour preuve j'ai même ri, jaune je le concède, mais j'ai ri devant la débauche d'effets crades genre les jets à des hauteurs stratosphériques de pue multicolore filmés au ralenti.



Bon deux mots de l'intrigue bizarre mais pas si mal que ça, elle serait adapté d'un manga, écrit par le réalisateur Hideshi Hino. Un peintre plutôt déprimé depuis la mort de sa femme va régulièrement dans les égoûts pour peindre ce qu'il y voit, un jour il découvre une sirène, l'objet de ses rêves. Une sirène qu'il avait déjà vu enfant au temps ou cet égoût sordide était encore une rivière. Ainsi pendant quelques temps il oublie son malheur passant son temps à dessiner la belle sirène, sa nouvelle muse. Hélas assez vite la sirène révèle plusieurs plaies infectées au niveau du ventre. Le peintre décide de la conduire chez lui ou il l'installe dans la baignoire mais hélas malgré ses soins les plaies continuent d'envahir le beau corps de la sirène qui commence à se transformer en une vaste plaie engluée par diverses substances purulentes. Mais la belle (enfin belle au début à la fin c'est une autre histoire...) voyant sa mort venir et sachant que le peintre ne pourra rien y faire décide de lui demander de finir son oeuvre, de dessiner ce corps ravagé, cette degénerescence organique. On entre alors dans une partie surréaliste bien étrange ou le peintre va répresenter la sirène agonisante utilisant le pue multicolore suppurant des plaies comme gouache. L'assistant, infirmier improvisé devient alors observateur, artiste essayant de capter les subtilités et "beautés" de cette déchéance physique par l'art. Toutefois la dégradation physique de la sirène continue rapidement avec l'apparition de vers grouillants transperçant les plaies (bon appétit bien sûr !) et s'accompagne de la dégradation mentale du peintre qui ne peut supporter la mort de sa muse, de cette sirène qu'il aime desormais. Le tout va se terminer à la limite de la folie, dans une apothéose gore avec un twist final bien foutu qui nous fait nous demander si finalement tout cela était si surréaliste que cela, peut être n'etait ce qu'un rêve...



L'histoire risque donc d'être une cruelle désillusion pour les hommes qui comme moi dans leur prime jeunesse rêvaient de ramener Ariel de La Petite Sirène sur la terre ferme. La on se rend compte que cela risque d'engendrer des problèmes pratiques insoupçonnés qui feront hésiter les plus hardis à ramener une sirène à la maison. Surtout c'est un film pas mal foutu avec une réalisation correcte, des acteurs pas trop mal, mais vraiment c'est super pointu dans le domaine principal, dans ce qui fait le coeur du film : le gore. C'est très bien foutu à la fois vraisemblable et exagéré de quoi rejouir les amateurs d'hémoglobine et autre substances corporelles comme ceux passionés par l'entomologie avec force vers et larves de toutes sortes. Enfin l'histoire est vraiment pas trop mal avec un thème à la Cronenberg sur la dégénerescence consciente du corps ça peut un peu faire penser à La Mouche toute proportion gardée. Aussi la petite esquisse de reflexion sur l'Art et le rapport au corps, objet de l'oeuvre et moyen de celle ci (il peint avec le pue de cette sirène) est assez troublant et sympathique. Cet homme qui peint l'agonie, la putréfaction d'un corps ça renvoie un peu si on a de l'imagination (beaucoup?) au rapport entre l'art et la réalité. Enfin le twist final laissant planer le doute sur la santé mentale du peintre est bien sympa rendant les 5 dernières minutes particulièrement réussis, sommet du gore avec un demembrement et distillant un trouble plutôt flippant sur la fin de cette intrigue somme toute basique.




Bref un film qui remplie sa mission, on nous promet du gore et bien on est servi, et même on aura du rab, on en aura jusqu'à plus soif, comme quoi même dans le degueu ou peut faire preuve d'une imagination étonnante avec quelques petits sommets trash qui marquent (d'ailleurs j'ai décidé de ne pas mettre de photos trop choquantes pour les eventuels jeunes lecteurs du blog, je ne suis pas sûr qu'à 10ans j'aurais voulu voir des extraits de ce truc, donc pour les petits curieux en quête d'images "fortes" vous n'avez qu'à chercher dans google). Bon c'est pas un chef d'oeuvre hein ! L'histoire est pas mal, en fait on va dire il y a un scénario, il est digne d'une bonne série Z mais bon il est correct puis on ne voit pas ce film pour ça je pense. C'est juste une expérience gore, une véritable variation autour de ce thème avec du gore trash, du gore cru, du gore exagéré, bref du gore légendaire. Putain ça date de 1988 mais ça n'a pas pris une ride c'est bien plus degueu que nombre de films d'aujourd'hui. Alors si vous aimez le gore extrême, (car faut vraiment aimer !) si vous voulez voir un des sommets dans ce style qui explique pourquoi Guinea Pig est The Reference prenez un déjeuner léger et regardez Mermaid In A Manhole ! (enfin j'en reviens à une note consensuelle peut être même éxagerée mais je trouve que dans son genre ce film est réussi)

(effets secondaires possibles, à voir avec précaution, Asiaphilie decline toute responsabilité en cas d'overdose de gore chez le potentiel spectateur, vous pourrez pas dire qu'on ne vous a pas prévenu !)

Nostalgic Du Cool




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Nostalgic du cool 22/07/2008 14:29

Merci des précisions j'avoue que je ne connais pas du tout les mangas d'Hideshi Hino. Je n'ai vu que deux des Guinea Pig mais cela me suffit pour quelques temps, ces expériences gores nécessitent un certain temps de digestion ! Surtout que je pense comme tu le dis que je n'apprécierais Flowers of flesh and bones car le style snuff avec tortures gratuites et ambigües c'est pas ma tasse de thé car en tout cas pour Devil's experiment j'ai trouvé qu'à part ce côté dérangeant avec l'aspect faussement réel le film était inintéressant et vain.

Epikt 21/07/2008 15:38

le meilleur Guinea PigJe ne me souviens plus si ce film est effectivement adapté d'un manga, mais il est à mettre en relation avec le chef-d'oeuvre de Hideshi Hino 'Panorama de l'enfer' où il développe les mêmes obsessions. De mémoire le peintre y déclare un truc du genre "pour peindre mes toiles je bois de l'acide chlorhydrique et je vomi des litres de sang", tu devrais faire le rapprochement avec 'Mermaid in the Manhole'.

Le deuxième volet de Guinea Pig ('Flowers of Flesh and Blood', également réalisé par Hino) est lui aussi intéressant, mais à la vue de ta réaction devant 'Devil's Experiment' (que, soit dit en passant, j'aime bien) je sais pas si je te le conseillerais (il adopte la même démarche de snuff, avec une ambiance plus psychée et irréelle : le tortionnaire drogue la fille pour qu'elle trouve du plaisir dans la douleur, et effectivement elle prend son pied à se faire découper en rondelles).
Pour le reste, 'He never dies' est rigolo mais très innocent, 'Devil Woman Doctor' et 'Android of Notre Dame' sont sans intérêt.

MG 20/07/2008 21:34

Ah revoilà la plume fraîche de Nostalgic ! :-D