Drunken Tai-chi

Publié le par asiaphilie

Drunken Tai Chi (Siuu Taai Gik), Yuen Woo-ping, 1984

 

 

 

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La carrière de Yuen Woo-ping est intimement lié au style de combat de la boxe ivre. Son deuxième film s'intitule déjà « Drunken master », puis « Dance of the Drunk Mantis » ou encore « Shaolin Drunkard » tourné un an avant Drunken Tai-chi dont nous allons parler ici. Plus récemment il a réalisé « True Legend » qui s'appuie aussi sur la légende du boxeur ivre comme je l'explique dans l'article qui y est consacré.

Il ne s'agit pas ici à proprement parlé de la boxe ivre comme on a pu la voir dans Mad Monkey Kung fu ou Drunken Monkey (tout deux de Liu Chia Liang) mais plutôt de Tai Chi, comme le titre le souligne d'ailleurs. La traduction de « drunken » semble un peu abusive et désignerait en fait plus un état de jovialité (une personne appréciant le vin en tous cas, mais pas forcément ivre) appliqué à la boxe, qui elle même n'est pas vraiment du Tai chi mais un espèce de mélange avec la boxe ivre...

 

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Passons sur ces questions de spécialistes et de puristes pour nous concentrer sur l'histoire d'une simplicité désarmante : Cheng Do voit sa famille massacrée par un tueur muet parce qu'il a humilié avec son frère le parvenu de fils d'un riche propriétaire. Il se réfugie alors chez un vieil homme marionnettiste et sa femme, fabricante de matelas et d'édredons. Il affronte une première fois le tueur, mais celui ci est bien plus puissant et le bat à plate couture. Il ne doit sa vie qu'à la fuite. Le couple où il est réfugié lui apprend alors un style de boxe « en douceur » apte à contrer la puissance dévastatrice de son ennemi. Style qu'il pourra mettre en application sur le commanditaire qui lui révèle sans le savoir qu'il a fait tuer sa famille...

 

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Le premier film de Yuen Woo ping en tant que réalisateur est Snake in the eagle's shadow (l'ombre du serpent, 1978), la première kung fu comedy à succès qui a mis fin à la suprématie de la Shaw et signé le déclin des réalisateurs comme Liu Chia Liang ou Chang Cheh. On retrouve dans ce Drunken Tai Chi des séquences comiques qui ne sont pas sans rappeler celles qui ont permis au réalisateur de se faire connaître. Le film est un mélange entre le tragique de la situation du jeune homme (Donnie Yen, dans son premier film), ses déboires martiaux et de nombreux épisodes qui prêtent à rire. Drunken Tai Chi ne se cantonne donc pas à un genre bien précis, entre fim de kung fu « train hard and revenge » et comédie, entre un ton dramatique et une accumulation de gags potaches. C'est la force et la faiblesse du film qui a un peu le cul entre deux chaises, mais en même temps ne s'enferme pas et ne se prend pas trop au sérieux.

 

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Donnie Yen excelle dans les scènes de combats et possède déjà un jeu d'acteur tout à fait convaincant alors qu'il est tout jeune et débute dans le cinéma. Ces affrontements sont d'ailleurs la chose la plus intéressante dans ce film qui ne possède pas un scénario magnifique ou des dialogues très intéressants. Les gags sont parfois marrants mais sont tout de même un peu éculés et gras. Il faut se laisser prendre, se laisser aller et ne pas trop chercher à analyser ou à intellectualiser car ce serait passer à coté de la drôlerie du film qui est tout de même à moitié basé dessus !

 

Pour résumer, ce film est un incontournable des films de Donnie Yen, ou pour les amateurs de la boxe ivre. Pour le commun des mortels, dont je fais parti, Drunken Tai Chi est un film sympathique, sans prétention et qu'il faut prendre comme tel.

 

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Carcharoth

Publié dans Chine et HK

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