Dragon Tiger Gate. Le film d'action jeu-vidéo par Wilson Yip.

Publié le par Nostalgic-du-cool

Dragon tiger Gate, Wilson Yip, 2006



Dragon Tiger Gate, ou Lung Fu moon pour les intimes, est un film que l’immense BB (Ballbreaker pour les incultes) m’a donné envie de voir par son commentaire éclairé de cette œuvre filmique haute en couleurs. Comme tout ce qui comporte les mots « dragon » et « tiger » dans son titre, il parle de combat, d’action, d’honneur et de revanche. Car que serait les films d’actions, les films tout court, et la vie toute entière (osons, osons mais amis, et pas Ozon, désolé Fab !) sans ce noble, cet étrange, ce terrible et si beau sentiment qu’est la revanche, lequel engendre de la haine, découle de la jalousie, qui à eux deux rattachent à tout ce qui touche à l’homme…(y compris dans tous ceux qui leurs sont antinomiques, comme l’amour, la solidarité, etc…). Vous remarquerez ce début tonitruant, à la limite du lyrisme (ça c’est à cause des commentaires laudateurs de MG et DZ) qui n’est en fait pas anodin, puisqu’il sert de mise en goût parfaite pour l’atmosphère de ce film ! Et oui mesdames et messieurs, voila que les mots servent le film et l’illustrent ! Voila aussi pourquoi le propos n’est pas tout à fait cohérent et judicieux (voir les bêtises sur la revanche). Mais revenons au film !



Nous sommes dans une époque mal définit, à honk-hong, où les portables côtoient les arts martiaux, où les armes à feu ne semblent pas exister, et dans laquelle un certain Shibumi a fait main basse sur la pègre de la ville. Mais face à ce climat social un peu difficile, certains font mauvaise fortune bon cœur. Citons par exemple Wong et Wong (ne croyais pas que tous les chinois s’appellent ainsi, pas de déterminisme national s’il vous plait, montrez votre ouverture d’esprit !), qui fondèrent l’école de la dragon tiger gate, qui recueille les orphelins et enfants des rues afin de les former au kung fu, pour qu’ils puissent plus tard se défendre contre les coups dur. Parmi eux, deux frères : Dragon et Tiger Wong, séparés dès l’enfance par la mort de la mère de l’un d’eux… (Ah ! les familles recomposées !), ils ont grandit de manière différente tout en améliorant tout deux leur kung fu. L’un Tiger, est resté à l’école et aide aujourd’hui son père de maître (son maître de père ?) à former les plus jeunes. L’autre, le fugitif, a été recueilli par Kun et le sert aujourd’hui comme garde du corps. Justement, ce jour la, ce jour ou le film débute, Kun reçoit de la part du grand chef –bumi (enfin Shibumi quoi !) le sésame convoité par tous les voyous de la ville : la médailles des rashkas qui offre à son détenteur le droit de commercer dans les ville, et d’en avoir le monopole !


L'antre du méchant, on dirait du Quake non ?

Une réunion a lieu entre les deux plus grands gangs, celui de Kun, et celui des « lions blancs » (les hommes de Kun étant en noir). Le premier a le commerce, le second essaie de le faire chanter pour qu’il lui remette 50% des bénéfices. La tension monte, les hommes des deux clans sont prêts à s’affronter. Quand tout à coup, un trou se forme sous la table, et la médaille tombe au niveau inférieur. Et à ce niveau, Tiger Wong, en justicier, vient de massacrer trois maîtres chanteurs, en envoyant un au plafond, d’où le trou… Malheureusement, un de ses amis voyant la médaille en or tomber, l’a récupéré, ce qui attire la ire de Kun, qui envoie ces hommes la récupérer. Petite démonstration de combat de Tiger, qui allonge 50 hommes, puis qui se fait battre par Dragon, sans savoir que c’est son propre frère… Le même jour, alors que Tiger et ses amis finissent la soirée dans un restaurant, Dragon débarque et récupère en deux coup-trois baffes la fameuse médaille. Mais son rival au sein du clan arrive aussi, voulant se venger de lui et de Tiger. Nouvelle bataille, qui nous permet de découvrir un nouvel homme, armé d’un kung fu, qui aide Dragon à mettre en déroute ses adversaires. Cette bataille permet aussi à Tiger de reconnaître son frère, qui perd au cours de l’affrontement l’insigne de l’école que sa mère lui avait remise (ainsi qu’à son frangin bien sur). Bon voila, ensuite et en gros, le nouvel arrivant s’intègre tant bien que mal à l’école, mais la rencontre entre Dragon et Tiger, la volonté du grand frère exilé de rentrer au bercail, et celle de son protecteur de raccrocher les gants (enfin le « commerce » quoi) font que Kun meurt, ce que ne peux empêcher Dragon, qui arrive trop tard mais tue les « deux démons », réputés invincibles. Ce qui cause la rage de shibumi, qui décide d’affronter le maître Wong, puisque c’est lui qui a formé Dragon dans sa jeunesse.




Il le tue, blesse gravement Tiger et le nouveau (Shawn Yue, Dragon noir dans le film) et s’en va. C’est la jeune fille de Kun qui les sauve, les emmenant voir maître Qin, qui les sauve (après que la jeune Xiaoling ait accomplit les épreuves demandés) et leur apprend des techniques redoutables, comme la cloche d’or et le dragon perforant. Pendant ce temps, Dragon est recueilli et sauvé par Rosa (une fille qu’il a sauvé il y a bien des années, et qui travaille pour Shimubi à présent), qui se sacrifie pour lui…
L’ultime combat approche. Tiger et Dragon noir attaquent l’antre du terrible homme masqué et au poing de feu… Ils ont progressés grâces aux techniques du maitre Qin, mais Shimubi sait les parer, et les voila vite au sol… à moitié mort. Et alors qu’ils ont déjà un pied dans la tombe, et que leur adversaire s’apprête à les achever, surgit Dragon Wong, qui jette l’enseigne de l’école aux pieds de Shibumi, en signe de défi. Grâce aux soins que lui a prodigués Rosa (acupuncture quant tu nous tient), il est devenu plus fort et plus résistant, et ça se voit ! Shibumi ne fait pas long feu, et s’en va traverser tous les étages de sa tour. A l’arrivée, il ne reste de lui que son masque dans les gravats, que Dragon écrase d’un coup de pied, puis s’en va redresser son frère et son ami. Ils rentrent chez eux, à l’école, qu’ils reprennent ensemble, baptisant le nouveau venu aux nunchakus (dont le précédent nom était dragon noir) Jaguar, pour que Dragon Wong soit le seul. Et on sent le début d’idylle proche entre Tiger et Xiaoling…

***





Voila l’histoire. Plus que classique dans le style : Il y a les gentils, les méchants, et au milieux les gentils égarés au milieu des vilains mais qui à la fin regagnent le bon camp et/ou se sacrifient pour eux. Ballbreaker a dit « conscient de la minceur du scénario », le réalisateur s’est rabattu sur l’esthétique et l’action. Moi je dirai plutôt que même si le scénario est mince et on va dire archi-connu (ce pourquoi j’ai raconté le fin. Qui ne sait pas dès le début que le méchant meurt à la fin ?), le film tient la route grâce au reste, c'est-à-dire des combats léchés et une ambiance jeu vidéo permanente. J’ai dit jeu vidéo parce que BB avait dit « Clip ». Et avec ces deux termes, vous avez le public cerné. Jeune, amateur de combat et d’un style de réalisation rapide, nerveux, fluide, toujours en mouvement, sans pause. Ainsi, d’habitude on a droit dans ce genre de clip long à une historiette d’amour entre une gentille et un méchant ou plus souvent l’inverse), qui vient un peu couper et servir de raison aux combats. Ici l’histoire se résume à trois sourires et à un tatouage. . Le reste, c’est de la baston !


"Donne moi ça tu veux !"

L’ascendance Manhua est clairement revendiquée par l’ouverture du film et son générique qui se font sur fond de planches (de BD bien sur !) et d’illustrations issues du livre éponyme.
Bon, parlons un peu des combattants. Eux sont plutôt la pour attirer la clientèle féminine (ou gay, au choix !) et les amateurs de coiffures (irréalistes en combat d'ailleurs) ! Cherchez des photos des acteurs sur g ** gle images, et vous tomberez sur des choses moins viriles que dans le film ! Enfin bon, comme le public visé est plutôt adolescent et nerd, les gars sont bien foutus, sont toujours en débardeurs et on des muscles sculptés. J’ai parlé de leur coiffure, ben ouais, ils ont toujours les cheveux qui leurs tombent devant les yeux, bien lisses et propres, ils volent dans le vent et on dirait vraiment que les trois gars sortent en permanence d’un salon jean louis david, dans lequel ils doivent passer plus de temps qu’à s’entraîner. Bon ceci dit, ils jouent pas mal, et puis niveau femme on a Rosa, qui aime Dragon depuis qu’il lui a sauvé la vie, et qui est assez aguichante dans ses tenues sexy.


Il reste une chose ou deux dont je n’ai pas parlé, parmi elles, la plus importante de toutes, les combats ! Ils occupent approximativement 1h sur 1h30 de film, et son donc primordiaux. Mon verdict, réussite totale ! Enfin si on aime ce genre, inspiré de matrix, à mi chemin entre Hero et Blade (pas le navet avec Wesley Snipe, le film culte de Hark), et résolument vidéoludiques (pour ne pas dire vidéogamiques). Quelques ralentis bien sentis, des vol planés ahurissant, des coups qui vous brise un mur en deux-deux (d’ailleurs le décors en carton pâte est très bien fait !), des enchaînement aux noms tous plus rutilants et exotiques les uns que les autres (voir ceux cités plus haut : cloche d’or, coup de pied perforant). Petite déception ; à part la cloche d’or très bien faite, j’ai trouvé que l’utilisation des nunchakus n’était pas superbe, et ne renouvelait pas le style Bruce Lee.


Au choix: "venez, Mr Anderson" ou alors: "Luke, je suis ton père, prend ma main et ensemble nous dominerons la galaxie !"



Enfin bon, on se retrouve en plein univers Manhua (sachant qu’on dit manga en japonais et manhwa en coréen, les BD de ce style n’étant pas l’apanage des japonais…), très dynamique. Pour l’ambiance générale, on dirait encore un jeu vidéo. C’est coloré, ça ressemble à du rétro industriel avec une teinte de spiritualité chinoise (l’antre du méchant ressemble de l’extérieur à un temple-usine). Niveau couleur et photo, c’est extrêmement soigné, comme je l’avais aussi remarqué pour Initial D, et il semble que ce soit une quasi-constante à Hk maintenant. Les teintes sont chaudes, rouge –orange, un peu pastel (dans le style du blog justement) et donne vraiment au film cet aspect « sortit d’un logiciel de retouche ». La « virevoltance » des combats est contrebalancée par leur violence brute dans le corps à corps aux poings, même si chaque coup « final » donne lieu à un bond de plusieurs mètres…


"Youhou, ça remet les vertèbres en place !"

Enfin, ça va faire plusieurs fois que j’utilise cet adjectif pour un film ces derniers temps, mais encore une fois celui-ci est vraiment « efficace », sans intrigue, sans rebondissement, sans grande musique (c’est en effet presque toujours le même thème, déclinés en plusieurs versions plus ou moins hard ou romantiques, et qui s’adapte tant bien que mal (plutôt bien) à la situation…), sans acteurs énormes (ils sont bons, mais ont trop tendance à se la jouer pop stars), mais juste conforme au règles d’or du genre. Je dirai même qu’il remplit le cahier des charges du film de combat parfaitement, en épurant le scénario au maximum et en mettant le paquet sur ce qui, finalement est le seul intérêt du film, les bastons. Que ce soit les duels, dont le dernier est le point d’orgue du film, les combats à trois, très impressionnants, ou les confrontations contre des masses d’ennemis, ils sont tous réussis et travaillés à la perfection.




La foreuse contre la cloche, qui va l'emporter ?


Les personnages ne sont pas développés à outrance, sauf les deux frères, dont on apprend le strict minimum pour comprendre leur histoire et leur comportement. Le troisième larron par exemple, Dragon noir, arrive comme ça, se joint à l’équipe et s’y donne corps et âme. On sent que le réalisateur a voulu glisser quelques éléments qui feront plaisirs aux fans de la version papier, mais qui reste mystérieux pour les autres, dont je fais partit. A vrai dire peu importe que son personnage soit bâclé, on n’a pas vraiment envie d’avoir des flash-back plein de pathos qui nous retrace son enfance malheureuse…


Ainsi, ce film sans grande prétention parvient parfaitement à distraire le spectateur si l’on ne demande pas un film intellectuel et si on a bien compris ce qu’est un film de combats. Ces derniers sont beaux, rapides, un peu pompés sur matrix (les aficionados de Blade seront donc un peu déçus) et Tigre et dragon, mais très réussis. Le rythme du film est haletant, les répliques un peu « nanard » sur les bords (« J’te croyait meilleur que ça Shibumi, t’es un peu lent ») mais je craint que cela ne soit inhérent au style abordé ! Les trois héros ont un look un peu hype et très fashion, ce qu risque de rendre le vieillissement du film bien plus mauvais que celui d’un bon bordeaux… Enfin vous l’aurez compris, ce n’est pas un chef d’œuvre, juste un divertissement intéressant pour se détendre les neurones après une dure journée, pas plus, mais c’est déjà pas mal quand on voit tous les films chiants qui sortent ! Donc merci Wilson Yip (ahah première fois que je dis son nom dans cet article, quel oubli majeur !) !!!

Du même réalisateur, Sha Po Lang, sur notre blog ici.



Carcharoth



Bonus en image: les décors en carton, ou les hommes en acier:



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Publié dans Chine et HK

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yazoo 07/07/2009 17:58

salut tout le monde,

Moi j'aurais une question pour tout ce qui ont vu le film,
elle ne traite pas réelement du film, mais j'aimerais savoir si quelqu'un pouvais me dire quel est le portable de dragon noir dans le film, quand il utilise ses ninjaku avec la balle contre le mur.
Si quelqu'un le sait....ça serait cool, mercii!!!

Carcharoth 25/09/2007 23:34

Ouiiii ! les voix de minets habituelles, et de conne pour les filles Enfin je prère ça qu'en VO non sous titrée !

Ballbreaker 25/09/2007 20:04

Ha ça... Si on parle d'humour involontaire, c'est vrai qu'il y en a, la VF apportant comme d'habitude son lot de nanardise supplémentaire ;)

Carcharoth 25/09/2007 17:27

Oué, c'est vrai qu'il manque cet aspect la. mais quelques répliques bien nanard font rire malgré elles.... donc ça va !

Ballbreaker 25/09/2007 14:56

Dragon BB GateCet article m'a bien séduit, différent et complémentaire du monument de littérature franco chinoise que j'avais pondu il y a quelques semaines! Bref, un article sympa pour un film sympa (quoique manquant un peu d'humour comme je l'avais fait remarqué)