Andromedia, film de commande par Takashi Miike (1998)

Publié le par Nostalgic-du-cool

Andromedia, film de commande par Takashi Miike (1998)





Le film de commande est un genre quasiment inconnu en Europe où il reste très marginalisé et déprécié, ce qui n'est pas le cas en Asie, et surtout au Japon et à Hong-Kong ou de très nombreuses stars (surtout de la chanson) font d'un film une pub géante, une vitrine à leur nom. On ne compte plus les starlettes et autres boys band qui ne passe au cinéma que pour mieux vendre leurs derniers disques dans des tournées de plateaux télé savamment orchestrées.

On sait par exemple que Johnnie To réalise souvent des films de commande pour les leaders de nombreux groupes musicaux hongkongais pour ensuite réaliser plus librement des films personnels. L'un de ses acteurs fétiches, Tony Leung, est aussi chanteur à succès dans son pays. Hélas peu de ses émules ont sont double talents, et c'est pourquoi ces films passent relativement peu souvent les barrières de l'exportation !


                                        


Takashi Miike, réalisateur dont on souligne à chaque fois la polyvalence a donc été sollicité pour réaliser un film de ce genre. Il est vrai qu'on a peu l'habitude de le voir dans un exercice de ce type, puisqu'il excelle en général dans les film à petit budget (bien que l'actualité me démente de plus en plus, puisque le réalisateur présente à Cannes son remake d'Harakiri en 3D après avoir déjà donné sa version à gros budget des Treize tueurs), choc ou assez auteurisant (du moins sont ils perçut ici comme tel!). Mais ce n'est pas le genre du bonhomme de s'arrêter à ces considérations, un film est un film et toute expérience est bonne à prendre, surtout que le cachet devait être intéressant !


Voilà, le décor est posé, vous savez à présent pourquoi j'avais dit que 1998 était une année tranquille pour le réalisateur : Bird people of china, celui ci puis Blues Harp, que des films « différents » de ce à quoi on pouvait s'attendre, plus calme et très loin de sa réputation (à trois quart fausse) de réalisateur gore trash et violent.

La scène d'ouverture du film, un peu comme dans Blues Harp justement est survoltée, très rapide, à l'instar de celle qui ouvrira Dead or Alive I, et sert encore aujourd'hui de référence pour définir le style de Miike à certains commentateurs. La suite du film est tout à fait classique, normale, s'approchant du J-drama pour adolescent. L'histoire, un mélange de science fiction et de romance cybernétique est celle d'une groupe de jeunes gens opposés à un consortium de hautes technologies qui cherche à s'emparer du modèle digital de l'esprit de l'une d'entre eux, morte récemment et dont le père est un ancien membre dudit consortium. Évidemment la jeune fille morte et digitalisée sortait avec le jeune adolescent du groupe, qui garde précieusement l'ordinateur où elle est « hébergée » et via lequel ils communiquent.




Même si Miike s'est entouré des même scénaristes que pour Bird people of China (son premier succès critique au Japon!), on ne peut placer ce film au même niveau. Les acteurs sont en effet les mythiques Speed aidés par le groupe Da Pump  qui nous gratifient d'une chanson et d'une chorégraphie au beau milieu du film dans un passage ultra kitsch (à mon goût), mais dont on voit que Miike l'a pris au second degré... Bien que loin d'être ridicules, ils ne sont vraiment sublimes et le film reste indéniablement dans la catégories des œuvres pour ado et jeunes adultes, à moitié comédie musicale, à moitié science fiction.


Partant de là et vu le scénario assez typique, il n'y a pas grand chose à dire ; tant on sait déjà tous à quoi s'attendre dès que le film commence. Cependant, car ce qu'il y a de bien avec ce réalisateur c'est qu'il y a toujours des surprises – cependant... Andromedia, avec ses effets spéciaux très datés recèles quelques petits trésors de beaux sentiments. Passée la surprise initiale (je ne savais pas du tout à quoi m'attendre lorsque j'ai commencé) et en essayant de voir la patte de Miike sous la commande marketing, on perçoit quelques belles scènes, finement interprétées, un brin nostalgique, un peu romantique, des petits moment de vie tout à fait charmant (bien que philosophiquement ils ne cassent pas trois pattes à un canard laqués!) qu'il faut savoir apprécier dans ce film qui après tout n'est pas mauvais et se laisse voir tranquillement. Il faut juste ne pas lui en demander trop.




Donc Andromedia est plutôt un bon film pour une commande, il y a peu de scènes musicales imposées et les vedettes de Speed jouent leur jeu comme il faut. Et puis il y a ces quelques scènes sympathiques, cette gentille histoire d'amour qui débute entre deux ados et se poursuit entre un ado et un programme informatique. Et puis, pour l'anecdote et les fans, il y a Christopher Doyle, le légendaire et très talentueux directeur de la photographie de Wong Kar Wai (2046, In the Mood for Love, My Blueberry Nihgts) dans le rôle du méchant américain !

Pas un essentiel de Miike, mais un bon moment dans le J-drama nippon, sans prétention mais plutôt réussi !



Carcharoth



Publié dans Japon

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